Le Président de la République a été élu par une majorité confortable de Mauritaniens auxquels il avait tenu durant la campagne électorale un discours singulier sur la gabegie et ses symboles. Le Chef de l’Etat promettait de sévir avec vigueur contre tous ceux qui ont participé a l’entreprise de sape organisée dont notre pays est victime depuis plusieurs décennies. Sa victoire a montré qu’il lit mieux que ses opposants les aspirations du peuple mais l’a accablée, cependant, de la lourde responsabilité d’être a la hauteur des espoirs qu’il a suscitée chez des populations habituées trop souvent a être le dindon de la farce.
Moins de trois mois après son investiture et malgré les tentatives de bousculer les habitudes (financement de la campagne agricole, mis en arrêt des voitures de service, réactivation de l’inspection générale, déclaration sur le népotisme), on sent déjà l’essoufflement du discours et l’odeur de l’armistice avec des roumouz dont la détermination a revenir sur les devants de la scène ne semble avoir d’égale que leur formidable capacité a s’adapter a tous les gouvernants. Si cette tendance se confirme, le Président de la République y perdra du crédit et les nouvelles autorités s’enliseront rapidement dans la routine du statuquo avec ses risques de déstabilisation au sommet et de souffrances pour les démunis.
Les dernières nominations à la Présidence et dans nos chancelleries à travers le monde ont l’odeur du déjà-vu. Un retour à la vieille tradition de la récompense de ceux qui sont sensés aider le Président de la République à consolider son pouvoir comme si celui-ci avait besoin d’un extra de légitimité autre que celui tiré de la symbiose avec le peuple qui l’a élu au suffrage universel direct, sans interférence de ceux qui se sont autoproclamés « grands électeurs » après avoir été grands prédateurs des biens publics.
Dans les usages en vigueur dans les pays bien gouvernés, les postes d’ambassadeurs vont soient aux amis politiques du Président de la république pour les grandes ambassades ou les liens étroits avec le Commandant en chef sont bien appréciés et constituent un gage de réussite, ou aux hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires Etrangères pour les ambassades de moindre importance ou seul compte les routines de la représentation diplomatique. Seul Ould Brahim Khlil et dans une moindre mesure ambassadeur Bal répondent à ces critères.
Le reste n’est que recyclage du passé. Ould Taya distribuait les portefeuilles ministériels aux plus zélés de ses partisans sans aucun regard pour la fonction, ni celui qui l’occupe. La tradition voulait qu’un ancien Ministre devienne ambassadeur pour se soigner ou se reposer en attendant la disgrâce ou un rappel pour une fonction supérieure. Le travail diplomatique n’était pas la priorité. C’est ici que réside le problème de la diplomatie mauritanienne, son inefficacité et son manque de dynamisme. Nos ambassadeurs paraissent désœuvrés, isolés socialement dans leurs pays d’affectation, ne réussissant que rarement à surmonter les barrières de la langue et de la culture de leur société d’accueil et peu intéressés par un quelconque travail diplomatique en profondeur. Le fait que le Président de la République reconduise les mêmes n’est pas un bon signe pour cette Mauritanie nouvelle à laquelle il appelle depuis qu’il a pris son bâton de pèlerin pour fustiger les voleurs des biens publics et dénoncer l’exclusion dont est victime la majeure partie de ses concitoyens.
Une nomination sort du lot. Celle de Ould Rzeizim, préfet, gouverneur et ancien ministre et l’un des leaders charismatique du FNDD. Sa nomination comme ambassadeur de la République Islamique de Mauritanie à Addis-Ababa sera perçu, qu’on le veuille ou non, comme un retour de l’ascenseur à celui qui a validé l’élection du 18 Juillet 2008. Elle ne sert ni le Président de la République et n’honore pas le nouvel ambassadeur. Elle jette du discrédit sur le FNDD et particulièrement ADIL dont le Chef s’est empressé de se féliciter de cette nomination en la qualifiant de bon pas dans la bonne direction. Elle ne peut s’inscrire que dans cette démarche bien connue de chez nous qui consiste a débaucher tout opposant prêts a négocier son allégeance en contrepartie d’une de ces faveurs dont le Pouvoir seul a le secret et le monopole. Elle ne peut procéder d’une stratégie d’ouverture sérieuse sur une opposition qui cherche encore ses marques après une défaite qu’elle n’a pas pour le moment réussit à digérer.
Pouvoir et Opposition doivent se reconnaitre mutuellement avant d’entamer un dialogue ouvert et franc sur les principes et procédures du renforcement de la démocratie et l’Etat de droit et l’instauration d’un système rational et équitable qui permet l’inclusion de tous dans l’œuvre de construction nationale. Nos hommes politiques doivent accepter le risque qui découle de toute entreprise humaine et s’attendre à cette malédiction en « terre des hommes » qu’est la traversée de désert en cas de défaite. Ce retrait de la gestion des affaires est nécessaire pour méditer, revoir sa copie, se ressourcer et prendre du recul pour se préparer aux futurs combats électoraux et proposer une alternative crédible au pouvoir en place.
Lembrabott Ould Sidi Mahmoud, ENArque de son pays, plusieurs fois Ministre, recherché par la justice française pour témoigner dans une affaire de torture d’un opposant politique, est nommé chargé de mission à la Présidence. Sa réhabilitation soulève des interrogations sérieuses sur les intensions des autorités actuelles et le sens qu’elles donnent à la gabegie et ses symboles largement dénoncés par la rhétorique officielle.
La Mauritanie pays pauvre mal gouverné ne peut sortir du cercle vicieux de la misère et du sous-développement que par une action volontaire et soutenue des autorités constitutionnelles légalement élues visant une rupture totale avec la manière dont sont gérées les institutions de l’Etat depuis plusieurs décennies. L’Etat ne peut continuer indéfiniment à jouer le rôle de vaches à lait que lui prescrivent ceux qui en profitent en exclusivité. Il doit rationaliser, réorienter et concentrer son action sur les domaines prioritaires. Un chantier de reforme difficile et couteux en terme social qu’il ne peut enclencher que si ceux qui occupent le devant ont des visages qui inspirent au moins la confiance de celui qui a le bénéfice du doute.
Mauritania Project est un espace de réflexion et d’échange sur les questions de bonne gouvernance, de rationalité budgétaire et de justice sociale en Mauritanie.
Monday, October 26, 2009
Tuesday, October 6, 2009
Il faut tourner la page et œuvrer pour le renforcement de la stabilité
Le coup d’Etat du 6 Aout 2008 n’a pas mis fin a la crise politique qui immobilisait le pays depuis la démission du premier Gouvernement de l’ère démocratique qui n’avait pas hélas brillé par son efficacité. Il y a ajouté une impasse constitutionnelle qui a faillit conduire le pays vers une confrontation sans issue entre un pouvoir isolé sur le plan international et une opposition sans moyen d’influer de manière significative sur le cours des événements. Finalement, la sagesse l’a emportée avec la signature des accords de Dakar qui ont ouvert la voie a un retour négociée a l’ordre constitutionnel avec la démission du Président de la République et l’organisation de nouvelles élections présidentielles avec des garanties sur la transparence du scrutin. Même si le processus paraissait biaisée des le début pour certains, cela n’a pas empêchée que toutes les forces et personnalités politiques se jettent a fond dans la course au palais ocre avec une intensité et une passion qui ont fait oublier pour un moment au moins la crise née de la déposition du premier Président élu de la République Islamique de Mauritanie.
Même si ses résultats ont surpris plus d’un, le scrutin a été néanmoins jugée dans l’ensemble satisfaisant par les observateurs indépendants. M. Mohamed Ould Abdel Aziz est devenu qu’on le veuille ou non le Président de la République. Le refus de Messoud O Boulkheir and Ahmed O Daddah de reconnaitre cette réalité n’y changera pas grand-chose et ne fera que prolonger une crise politique qui n’a que trop durée. Il peut être interprété comme une justification a priori d’un éventuel coup d’Etat et un appel aux putschistes eh herbe d’agir au moment opportun. Je crois qu’il s’agit la d’une erreur stratégique de la part de forces politiques, surtout le FNDD, qui font du retour a l’ordre constitutionnel leur cheval de bataille.
La Mauritanie a besoin qu’on tourne la page ouverte par un coup d’Etat qui aurait pu être évitée mais comme on ne peut refaire l’histoire, il faut penser au présent et futur. M. Ahmed Ould Daddah devrait une fois encore « prendre acte » des resultats publiées par le Ministère de l’Intérieur, tirer sa révérence comme il l’a promis durant la campagne électorale, et passer le flambeau a plus jeune pour donner l’exemple de ce rajeunissement tant attendu de la classe politique. Le poste de chef de file de l’opposition doit revenir à Messoud O Boulkheir suivant un arrangement parlementaire entre les composantes de l’opposition. M. Mohamed O Abdel Aziz en devenant le Président de tous les mauritaniens devra se mettre au dessus de la mêlée et surtout empêcher cette chasse aux sorcières vers laquelle vont essayer de le pousser certains de ces zélés partisans. Son programme électoral surtout la lutte implacable qu’ils se proposent de mener contre la gabegie et ses vecteurs est digne d’intérêt. Il pourra compter sur un soutien populaire massif sur ce point.
Il est temps de rompre avec ce cycle d’instabilité qui a suivi la tentative du coup du 8 Juin 2003 et envisager l’avenir des institutions dans le strict cadre de la constitution avec cet esprit de compromis qui a caractérisé les accords de Dakar. Seul le respect de la loi est a même de créer cette stabilité durable qui ouvre des perspectives réelles aux exclus suivant des règles justes et claires acceptées et respectées par tous. Le défi est énorme et l’enjeu est de taille mais il faut en finir au plus vite avec cette imbrication très forte entre les milieux d’affaires, la haute fonction publique et la classe politique qui empêche toute évolution vers un système de compétition basé sur des règles non personnelles qui assurent l’égalité des chances et permettent a tous de légitimement prétendre a une place autour de la table moyennant l’intelligence et l’effort requis. Tous ceux nombreux et puissants qui vivent de l’impunité, des passe-droits et du trafic d’influence et qui se trouvent de part et d’autre de l’échiquier politique national vont se liguer contre toutes les tentatives de reforme quelque soit leur origines. Pouvoir et opposition ont intérêt a s’accepter et a coopérer pour extirper les germes de l’instabilité que constituent la détermination de tous ceux qui ont pillé les ressources du pays et abusés de leurs positions de conserver leurs privilèges indus et d’échapper a la justice. Si le nouveau Président de la République veut réellement en découdre avec ceux la qu’il trouve appui et support de ses opposants s’ils sont véritablement motivées par l’intérêt national. Il ne peut y avoir de stabilité si la règle de droit est constamment bafouée et si dans l’arbitraire le plus absolu une poignée de privilégiés continuent à monopoliser la richesse et les honneurs a travers des mécanismes variés de coercition et de corruption a grande échelle.
Même si ses résultats ont surpris plus d’un, le scrutin a été néanmoins jugée dans l’ensemble satisfaisant par les observateurs indépendants. M. Mohamed Ould Abdel Aziz est devenu qu’on le veuille ou non le Président de la République. Le refus de Messoud O Boulkheir and Ahmed O Daddah de reconnaitre cette réalité n’y changera pas grand-chose et ne fera que prolonger une crise politique qui n’a que trop durée. Il peut être interprété comme une justification a priori d’un éventuel coup d’Etat et un appel aux putschistes eh herbe d’agir au moment opportun. Je crois qu’il s’agit la d’une erreur stratégique de la part de forces politiques, surtout le FNDD, qui font du retour a l’ordre constitutionnel leur cheval de bataille.
La Mauritanie a besoin qu’on tourne la page ouverte par un coup d’Etat qui aurait pu être évitée mais comme on ne peut refaire l’histoire, il faut penser au présent et futur. M. Ahmed Ould Daddah devrait une fois encore « prendre acte » des resultats publiées par le Ministère de l’Intérieur, tirer sa révérence comme il l’a promis durant la campagne électorale, et passer le flambeau a plus jeune pour donner l’exemple de ce rajeunissement tant attendu de la classe politique. Le poste de chef de file de l’opposition doit revenir à Messoud O Boulkheir suivant un arrangement parlementaire entre les composantes de l’opposition. M. Mohamed O Abdel Aziz en devenant le Président de tous les mauritaniens devra se mettre au dessus de la mêlée et surtout empêcher cette chasse aux sorcières vers laquelle vont essayer de le pousser certains de ces zélés partisans. Son programme électoral surtout la lutte implacable qu’ils se proposent de mener contre la gabegie et ses vecteurs est digne d’intérêt. Il pourra compter sur un soutien populaire massif sur ce point.
Il est temps de rompre avec ce cycle d’instabilité qui a suivi la tentative du coup du 8 Juin 2003 et envisager l’avenir des institutions dans le strict cadre de la constitution avec cet esprit de compromis qui a caractérisé les accords de Dakar. Seul le respect de la loi est a même de créer cette stabilité durable qui ouvre des perspectives réelles aux exclus suivant des règles justes et claires acceptées et respectées par tous. Le défi est énorme et l’enjeu est de taille mais il faut en finir au plus vite avec cette imbrication très forte entre les milieux d’affaires, la haute fonction publique et la classe politique qui empêche toute évolution vers un système de compétition basé sur des règles non personnelles qui assurent l’égalité des chances et permettent a tous de légitimement prétendre a une place autour de la table moyennant l’intelligence et l’effort requis. Tous ceux nombreux et puissants qui vivent de l’impunité, des passe-droits et du trafic d’influence et qui se trouvent de part et d’autre de l’échiquier politique national vont se liguer contre toutes les tentatives de reforme quelque soit leur origines. Pouvoir et opposition ont intérêt a s’accepter et a coopérer pour extirper les germes de l’instabilité que constituent la détermination de tous ceux qui ont pillé les ressources du pays et abusés de leurs positions de conserver leurs privilèges indus et d’échapper a la justice. Si le nouveau Président de la République veut réellement en découdre avec ceux la qu’il trouve appui et support de ses opposants s’ils sont véritablement motivées par l’intérêt national. Il ne peut y avoir de stabilité si la règle de droit est constamment bafouée et si dans l’arbitraire le plus absolu une poignée de privilégiés continuent à monopoliser la richesse et les honneurs a travers des mécanismes variés de coercition et de corruption a grande échelle.
Message au Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz
M. le Président de la République,
Je me suis opposé a votre coup d’Etat et voté pour votre principal challenger M. Messoud O Boulkheir pour les qualités de leadership et la clarté des principes que ce dernier a montré durant la crise qui vient de s’achever par votre élection a la magistrature suprême.
Aujourd’hui, je vous félicite et demande publiquement a celui pour lequel j’ai voté et fait campagne de faire de même pour tourner la page et envisager l’avenir avec sérénité. Votre élection ne souffre techniquement d’aucune irrégularité significative, ce qui vous confère toute la légitimé populaire et constitutionnelle pour appliquer le programme sur lequel vous avez été élu. Vous êtes aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le Président de tous les Mauritaniens et on ne peut vous demander plus que d’agir en conséquence : se mettre au-dessus de la mêlée et traiter les mauritaniens a égalité, chacun selon ce qu’il mérite.
Pour ceux qui refusent votre élection, je dis qu’ils doivent s’inspirer de l’exemple de votre prédécesseur, Président Sidi O Cheikh Abdellahi qui a volontairement démissionné pour ouvrir la voie au retour a l’ordre constitutionnel. La Mauritanie a besoin d’une stabilité réelle des ses institutions pour retrouver les conditions d’un développement durable de ses ressources.
Pour votre futur Gouvernement, je dédie cette contribution que j’ai écrite et publiée dans la presse locale il y a plus d’un an, un mois avant la démission du Gouvernement de Zein Ould Zeidane ou ont été développées certaines réflexions qui me paraissent plus que jamais d’actualité.
Vive la République Islamique de Mauritanie.
Je me suis opposé a votre coup d’Etat et voté pour votre principal challenger M. Messoud O Boulkheir pour les qualités de leadership et la clarté des principes que ce dernier a montré durant la crise qui vient de s’achever par votre élection a la magistrature suprême.
Aujourd’hui, je vous félicite et demande publiquement a celui pour lequel j’ai voté et fait campagne de faire de même pour tourner la page et envisager l’avenir avec sérénité. Votre élection ne souffre techniquement d’aucune irrégularité significative, ce qui vous confère toute la légitimé populaire et constitutionnelle pour appliquer le programme sur lequel vous avez été élu. Vous êtes aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le Président de tous les Mauritaniens et on ne peut vous demander plus que d’agir en conséquence : se mettre au-dessus de la mêlée et traiter les mauritaniens a égalité, chacun selon ce qu’il mérite.
Pour ceux qui refusent votre élection, je dis qu’ils doivent s’inspirer de l’exemple de votre prédécesseur, Président Sidi O Cheikh Abdellahi qui a volontairement démissionné pour ouvrir la voie au retour a l’ordre constitutionnel. La Mauritanie a besoin d’une stabilité réelle des ses institutions pour retrouver les conditions d’un développement durable de ses ressources.
Pour votre futur Gouvernement, je dédie cette contribution que j’ai écrite et publiée dans la presse locale il y a plus d’un an, un mois avant la démission du Gouvernement de Zein Ould Zeidane ou ont été développées certaines réflexions qui me paraissent plus que jamais d’actualité.
Vive la République Islamique de Mauritanie.
Message aux protagonistes de la crise constitutionnelle
Il y deux ans on croyait sortir de l’auberge. Après une bataille électorale rude, mais pacifique et, en grande partie, respectueuse des usages établis dans les grandes démocraties, la Mauritanie s’est dotée, pour la première fois de son histoire, d’un Président, d’un Parlement et de maires élus en toute transparence selon les règles et procédures communément admises du suffrage universel. Le processus démocratique mis en œuvre par les autorités de transition issues du coup d’Etat qui a mis fin au long règne du Colonel Muawiya Oud Sid’Ahmed Taya a atteint ses objectifs. Tel était, en tout cas, le constat de la classe politique dans son ensemble et des observateurs internationaux. Pour la première fois de son histoire, la Mauritanie dispose d’institutions constitutionnelles représentatives qui reflètent sa diversité politique, l’aspiration des différentes catégories sociales et la demande de changement. Une singularité qui lui vaut l’admiration de beaucoup d’arabes et de musulmans dans son environnement arabo-islamique et le respect de la communauté internationale dans son ensemble, notamment les grands pays qui ont dépêché des hautes personnalités à la cérémonie d’investiture du Président de la République.
Le Président de la République a été élu par une majorité confortable au deuxième tour due, pour l’essentiel, au soutien de l’APP, le parti de Massoud Oud Boukhelif, l’une des plus importantes formations politiques de l’opposition au régime de Ould Taya. Le candidat malheureux a « pris acte des résultats » et accepté d’être le chef de file de l’opposition, une autre singularité créée sur mesure, par une ordonnance du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), pour consoler « l’opposant historique » tout en espérant constituer un mécanisme de concertation au sommet entre le pouvoir et son opposition. L’ensemble des forces politiques ont déclaré leur volonté de s’inscrire dans le nouvel ordre. Le spectre d’un Pouvoir sans Opposition pointait à l’horizon. Cette perspective effrayait autant les candidats aux postes gouvernementaux parmi les soutiens du Président de la République que ceux qui avait peu confiance dans le nouvel ordre en construction qui faisait à leurs yeux la part trop belle aux figures et méthodes emblématiques de la période décriée.
Zein Oud Zeidane, technocrate converti à la politique devient Premier ministre après avoir occupé la troisième place au premier tour de l’élection présidentielle. Le Président de la République lui délègue des pouvoirs importants. Il nomme un Gouvernement non politique qui tactiquement évite les figures emblématiques de la période TAYA et se qualifie de technocratique sans pour autant compter des membres dont l’expertise et la compétence sont indiscutables. Masoud O. Belkheir devient Président de l’Assemblée Nationale et fait entrer certains de ses lieutenants au Gouvernement. Les institutions se mettent en place et lentement commence à se préciser une nouvelle façon de gouverner qui peine à convaincre tant l’impatience est grande de voir le nouveau pouvoir produire des résultats palpables en terme d’amélioration des conditions de vie des ménages, de distribution de la justice et de la moralisation de la chose publique.
Le nouvel ordre démocratique vanté par les partenaires extérieurs de la Mauritanie et potentiellement lucratif au vu des offres mirobolantes d’assistance financière du reste du monde s’est rapidement montré fragile, indécis et incapable de créer des loyautés propres distinctes de ce qui existaient auparavant. Les mêmes forces s’affrontaient dans l’ombre d’une constitution qui était plus une échappatoire que le fruit d’un compromis réel, sans véritable arbitre ni de règles claires et bien établies de résolution des conflits. La première crise politique d’envergure, tout a fait normale et classique dans toute démocratie, opposant le Président de la République et des segments importants de sa majorité, a eu raison de l’ordre constitutionnel issu de la transition de 2005-2007.
Le Président de la République a été déposé par un coup d’Etat militaire en bonne et due forme. Une écrasante majorité de députés, de sénateurs et d’élus locaux ont soutenu cette rupture par la force de l’ordre constitutionnel. Le Chef de file de l’opposition démocratique a qualifie le coup « d’opération de rectification » et s’est placé a la tète de ses défenseurs. La presse, la plupart des intellectuels et des groupuscules politiques ont applaudi sinon observé un mutisme troublant qui en dit long sur la confusion qui règne dans les esprits. Seuls les partis politiques et organisations regroupés au sein du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) ont refusé le fait accompli et continuent d’appeler au retour à l’ordre constitutionnel. Le peuple est resté neutre ou résigné à son triste sort. L’étranger a condamné le coup avec parfois des formules sévères, souvent avec une connotation diplomatique qui exprime le regret face a une situation qui met la Mauritanie dans une situation d’autant plus difficile par rapport a ses partenaires de développement que ces derniers se sont investis massivement dans le processus démocratique, en ont fait un exemple et se sont engagés à le soutenir.
Depuis le 6 Aout 2007, la Mauritanie vit une impasse constitutionnelle couteuse dont personne ne peut, aujourd’hui, prédire l’issue. Le Président de la République est dans l’incapacité matérielle d’exercer ses fonctions. Son intérim est assuré par le Président du Senat suivant une décision très controversée du Conseil constitutionnel. L’aide internationale, la principale source de financement de développement, est menacée d’interruption et se tarit à grande vitesse. La crise de confiance s’installe de nouveau dans la durée entre les différents protagonistes de la scène politique avec une guerre sans merci que se livrent deux légitimités inconciliables. Une situation qui nous ramène quelques années en arrière et met fin a une expérience démocratique qui, malgré toutes ses insuffisances, constituait un progrès significatif par rapport au passé et offrait des promesses sérieuses d’autocorrection pour le futur.
La crise révèle l’incapacité structurelle du leadership national (classe politique, institutions de l’Etat, organisations de la société civile) à imaginer et soutenir dans la durée un compromis qui préserve la stabilité tout en ouvrant des perspectives réelles aux exclus suivant des règles justes et claires acceptées et respectées par tous. Les politiques préfèrent laisser des questions de fond en suspens de peur de fâcher, d’être taxé de radical, de perdre la face ou simplement d’être exclu de la distribution des postes. Les gouvernants trouvent dans le laxisme et l’impunité une porte de sortie pour couvrir leur forfait et/ou leur incapacité à appliquer la loi et le règlement avec la rigueur requise et produire des résultats. Les institutions de l’Etat continuent a n’être que des foyers de distribution de rentes sous formes de prébendes, de salaires et de concessions publiques suivant les caprices des princes du moments. La société civile malgré toute l’attention qui lui est accordée reste incapable de constituer un pouvoir d’investigation et de formulation des politiques crédible et indépendant des idées et pratiques partisanes.
Il y a une imbrication très forte entre les milieux d’affaires, la haute fonction publique et la classe politique qui empêche toute évolution vers un système de compétition basé sur des règles non personnelles qui assurent l’égalité des chances et permettent a tous de légitimement prétendre a une place autour de la table moyennant l’intelligence et l’effort requis. Trop de gens vivent de l’impunité, des passe-droits et du trafic d’influence et peu de leurs mérites. Cette situation à laquelle le pouvoir démocratique n’a pas trouvé de solution rapide ou tout au moins perceptible à court terme est à la base de la crise actuelle. L’ignorer dans la recherche d’un règlement éventuel procédera de cette mentalité traditionnelle décrite plus haut qui a fait rater au pays plusieurs occasions de rebondir sur des bases solides, la dernière étant la période de transition ou les questions « qui fâchent » ont été remises a plu tard comme si les périodes d’exception n’étaient pas les mieux appropriées pour crever l’abcès.
Toute porte à croire que l’ordre constitutionnel d’avant le 6 Aout 2008 ne sera pas rétabli. A moins d’une intervention militaire extérieure peu probable et de toute façon non souhaitée par aucune des parties en conflit, on ne voit pas comment le Président de la République pourrait retrouver les moyens de l’exercice plein et entier de ses fonctions. D’autre part, le conseil constitutionnel, l’arbitre ultime, vient de rendre un verdict qui, tacitement, donne une valeur juridique au processus politique déclenché par le coup d’Etat de l’été dernier. Les juges de la constitution dans leur volonté de ne pas ajouter à la complexité d’une situation qui l’est déjà trop ont entérinée le fait accompli et ouvert la voie, volontairement ou non, a une interprétation de la loi fondamentale qui permet la déposition par la force d’un Président élu.
Tout indique que le candidat Mohamed Oud Abdelaziz aura le plébiscite populaire qu’il désire le 6 Juin 2009 mais il aura en charge la destinée d’un pays émietté socialement, isolé sur le plan international, politiquement instable, ou la règle de droit n’a pas le dernier mot, qu’il ne pourra gouverner que par une main de fer et un appel constant à l’achat des consciences dans un contexte marqué par une grande pénurie de la ressource. Pour un candidat qui fait de la lutte contre la corruption et les symboles de la gabegie un cheval de campagne, la tache ne sera pas facile.
Les partis démocratiques continueront à s’opposer avec une capacité de nuisance réelle qui n’atteindra pas, cependant, dans l’horizon visible cette masse critique susceptible d’obliger le Pouvoir à changer son agenda. Si rien n’est fait le pays s’achemine a grands pas vers une situation proche de celle qu’il a vécu durant la première moitie de cette décennie avec en prime un isolement international qu’il pourra difficilement supporter. La Mauritanie gagnerait a ce que les acteurs politiques fassent preuve de réalisme pour sauver l’essentiel et créer les conditions d’un retour, sinon a la confiance, au moins a un compromis qui permet aux uns et aux autres de participer a l’œuvre communautaire suivant des règles acceptées par tous.
Mauritania Project appelle les différents protagonistes de la crise actuelle a ne pas saboter l’avenir et a profiter de cette dernière chance offerte par la médiation du Président Wade pour jeter les bases d’un compromis durable qui préserve la stabilité et ouvre des perspectives réelles a toutes les capacités désireuses de participer a l’œuvre de construction nationale. Il ne peut y avoir de stabilité si la règle de droit est constamment bafouée et si dans l’arbitraire le plus absolu une poignée de privilégiés continuent à monopoliser la richesse et les honneurs a travers des mécanismes de coercition et de corruption a grande échelle. Il ne peut y avoir de développement économique, ni de progrès social sans la stabilité qui canalise les énergies et évite que les forces centrifuges, ces instincts anarchiques particulièrement présents dans les gènes de la société mauritanienne, ne viennent a bout des acquis et principalement du plus important d’entre eux, l’Etat.
Mauritania Project rappelle qu’il ne peut y avoir de stabilité et de développement sans la création d’une bureaucratie d’Etat indépendante des fluctuations politiques pour préserver l’intérêt général et éviter que ce dernier ne soit constamment subordonné aux caprices des princes du moment, fussent ils issus d’un processus démocratique parfait. Cela passe par la professionnalisation de la fonction publique, la reforme des institutions de l’Etat suivant les règles impersonnelles de la rigueur, de la compétence et de l’efficacité, et la réglementation des rapports entre le politique et l’administratif.
Mauritania Project attire l’attention sur le cout exorbitant des institutions issues de la constitution de 1991 qui sur ce point n’a pas subi de modifications en 2006. Le Senat, le conseil constitutionnel, le Conseil économique et social, le Conseil islamique, la haute cour de justice, le médiateur de la République, le Chef de file de l’opposition sont des institutions couteuses sans valeurs ajoutées perceptibles. Pour un pays dont les besoins de financements sont énormes, de telles dépenses sont un gâchis qui ne peut se justifier que par la volonté constante des princes du moment de caser leurs lieutenants, protégés et thuriféraires.
Mauritania Project exprime son opposition radicale à toute forme de sanctions économiques qui n’auront pour unique résultat que d’affaiblir davantage l’Etat surtout dans ses fonctions de pourvoyeurs de services publics de base a des populations pauvres déjà largement victimes des caprices d’une classe politique trop absorbée par elle-même pour mesurer les dommages collatéraux que son action induit sur le reste du peuple qu’elle est pourtant sensée servir et défendre ses intérêts.
Mauritania Project est une organisation de la société civile qui se donne pour objectif d’œuvrer pour la consolidation de l’Etat mauritanien, l’amélioration de sa gouvernance et le développement de son potentiel humain.
Le Président de la République a été élu par une majorité confortable au deuxième tour due, pour l’essentiel, au soutien de l’APP, le parti de Massoud Oud Boukhelif, l’une des plus importantes formations politiques de l’opposition au régime de Ould Taya. Le candidat malheureux a « pris acte des résultats » et accepté d’être le chef de file de l’opposition, une autre singularité créée sur mesure, par une ordonnance du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), pour consoler « l’opposant historique » tout en espérant constituer un mécanisme de concertation au sommet entre le pouvoir et son opposition. L’ensemble des forces politiques ont déclaré leur volonté de s’inscrire dans le nouvel ordre. Le spectre d’un Pouvoir sans Opposition pointait à l’horizon. Cette perspective effrayait autant les candidats aux postes gouvernementaux parmi les soutiens du Président de la République que ceux qui avait peu confiance dans le nouvel ordre en construction qui faisait à leurs yeux la part trop belle aux figures et méthodes emblématiques de la période décriée.
Zein Oud Zeidane, technocrate converti à la politique devient Premier ministre après avoir occupé la troisième place au premier tour de l’élection présidentielle. Le Président de la République lui délègue des pouvoirs importants. Il nomme un Gouvernement non politique qui tactiquement évite les figures emblématiques de la période TAYA et se qualifie de technocratique sans pour autant compter des membres dont l’expertise et la compétence sont indiscutables. Masoud O. Belkheir devient Président de l’Assemblée Nationale et fait entrer certains de ses lieutenants au Gouvernement. Les institutions se mettent en place et lentement commence à se préciser une nouvelle façon de gouverner qui peine à convaincre tant l’impatience est grande de voir le nouveau pouvoir produire des résultats palpables en terme d’amélioration des conditions de vie des ménages, de distribution de la justice et de la moralisation de la chose publique.
Le nouvel ordre démocratique vanté par les partenaires extérieurs de la Mauritanie et potentiellement lucratif au vu des offres mirobolantes d’assistance financière du reste du monde s’est rapidement montré fragile, indécis et incapable de créer des loyautés propres distinctes de ce qui existaient auparavant. Les mêmes forces s’affrontaient dans l’ombre d’une constitution qui était plus une échappatoire que le fruit d’un compromis réel, sans véritable arbitre ni de règles claires et bien établies de résolution des conflits. La première crise politique d’envergure, tout a fait normale et classique dans toute démocratie, opposant le Président de la République et des segments importants de sa majorité, a eu raison de l’ordre constitutionnel issu de la transition de 2005-2007.
Le Président de la République a été déposé par un coup d’Etat militaire en bonne et due forme. Une écrasante majorité de députés, de sénateurs et d’élus locaux ont soutenu cette rupture par la force de l’ordre constitutionnel. Le Chef de file de l’opposition démocratique a qualifie le coup « d’opération de rectification » et s’est placé a la tète de ses défenseurs. La presse, la plupart des intellectuels et des groupuscules politiques ont applaudi sinon observé un mutisme troublant qui en dit long sur la confusion qui règne dans les esprits. Seuls les partis politiques et organisations regroupés au sein du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD) ont refusé le fait accompli et continuent d’appeler au retour à l’ordre constitutionnel. Le peuple est resté neutre ou résigné à son triste sort. L’étranger a condamné le coup avec parfois des formules sévères, souvent avec une connotation diplomatique qui exprime le regret face a une situation qui met la Mauritanie dans une situation d’autant plus difficile par rapport a ses partenaires de développement que ces derniers se sont investis massivement dans le processus démocratique, en ont fait un exemple et se sont engagés à le soutenir.
Depuis le 6 Aout 2007, la Mauritanie vit une impasse constitutionnelle couteuse dont personne ne peut, aujourd’hui, prédire l’issue. Le Président de la République est dans l’incapacité matérielle d’exercer ses fonctions. Son intérim est assuré par le Président du Senat suivant une décision très controversée du Conseil constitutionnel. L’aide internationale, la principale source de financement de développement, est menacée d’interruption et se tarit à grande vitesse. La crise de confiance s’installe de nouveau dans la durée entre les différents protagonistes de la scène politique avec une guerre sans merci que se livrent deux légitimités inconciliables. Une situation qui nous ramène quelques années en arrière et met fin a une expérience démocratique qui, malgré toutes ses insuffisances, constituait un progrès significatif par rapport au passé et offrait des promesses sérieuses d’autocorrection pour le futur.
La crise révèle l’incapacité structurelle du leadership national (classe politique, institutions de l’Etat, organisations de la société civile) à imaginer et soutenir dans la durée un compromis qui préserve la stabilité tout en ouvrant des perspectives réelles aux exclus suivant des règles justes et claires acceptées et respectées par tous. Les politiques préfèrent laisser des questions de fond en suspens de peur de fâcher, d’être taxé de radical, de perdre la face ou simplement d’être exclu de la distribution des postes. Les gouvernants trouvent dans le laxisme et l’impunité une porte de sortie pour couvrir leur forfait et/ou leur incapacité à appliquer la loi et le règlement avec la rigueur requise et produire des résultats. Les institutions de l’Etat continuent a n’être que des foyers de distribution de rentes sous formes de prébendes, de salaires et de concessions publiques suivant les caprices des princes du moments. La société civile malgré toute l’attention qui lui est accordée reste incapable de constituer un pouvoir d’investigation et de formulation des politiques crédible et indépendant des idées et pratiques partisanes.
Il y a une imbrication très forte entre les milieux d’affaires, la haute fonction publique et la classe politique qui empêche toute évolution vers un système de compétition basé sur des règles non personnelles qui assurent l’égalité des chances et permettent a tous de légitimement prétendre a une place autour de la table moyennant l’intelligence et l’effort requis. Trop de gens vivent de l’impunité, des passe-droits et du trafic d’influence et peu de leurs mérites. Cette situation à laquelle le pouvoir démocratique n’a pas trouvé de solution rapide ou tout au moins perceptible à court terme est à la base de la crise actuelle. L’ignorer dans la recherche d’un règlement éventuel procédera de cette mentalité traditionnelle décrite plus haut qui a fait rater au pays plusieurs occasions de rebondir sur des bases solides, la dernière étant la période de transition ou les questions « qui fâchent » ont été remises a plu tard comme si les périodes d’exception n’étaient pas les mieux appropriées pour crever l’abcès.
Toute porte à croire que l’ordre constitutionnel d’avant le 6 Aout 2008 ne sera pas rétabli. A moins d’une intervention militaire extérieure peu probable et de toute façon non souhaitée par aucune des parties en conflit, on ne voit pas comment le Président de la République pourrait retrouver les moyens de l’exercice plein et entier de ses fonctions. D’autre part, le conseil constitutionnel, l’arbitre ultime, vient de rendre un verdict qui, tacitement, donne une valeur juridique au processus politique déclenché par le coup d’Etat de l’été dernier. Les juges de la constitution dans leur volonté de ne pas ajouter à la complexité d’une situation qui l’est déjà trop ont entérinée le fait accompli et ouvert la voie, volontairement ou non, a une interprétation de la loi fondamentale qui permet la déposition par la force d’un Président élu.
Tout indique que le candidat Mohamed Oud Abdelaziz aura le plébiscite populaire qu’il désire le 6 Juin 2009 mais il aura en charge la destinée d’un pays émietté socialement, isolé sur le plan international, politiquement instable, ou la règle de droit n’a pas le dernier mot, qu’il ne pourra gouverner que par une main de fer et un appel constant à l’achat des consciences dans un contexte marqué par une grande pénurie de la ressource. Pour un candidat qui fait de la lutte contre la corruption et les symboles de la gabegie un cheval de campagne, la tache ne sera pas facile.
Les partis démocratiques continueront à s’opposer avec une capacité de nuisance réelle qui n’atteindra pas, cependant, dans l’horizon visible cette masse critique susceptible d’obliger le Pouvoir à changer son agenda. Si rien n’est fait le pays s’achemine a grands pas vers une situation proche de celle qu’il a vécu durant la première moitie de cette décennie avec en prime un isolement international qu’il pourra difficilement supporter. La Mauritanie gagnerait a ce que les acteurs politiques fassent preuve de réalisme pour sauver l’essentiel et créer les conditions d’un retour, sinon a la confiance, au moins a un compromis qui permet aux uns et aux autres de participer a l’œuvre communautaire suivant des règles acceptées par tous.
Mauritania Project appelle les différents protagonistes de la crise actuelle a ne pas saboter l’avenir et a profiter de cette dernière chance offerte par la médiation du Président Wade pour jeter les bases d’un compromis durable qui préserve la stabilité et ouvre des perspectives réelles a toutes les capacités désireuses de participer a l’œuvre de construction nationale. Il ne peut y avoir de stabilité si la règle de droit est constamment bafouée et si dans l’arbitraire le plus absolu une poignée de privilégiés continuent à monopoliser la richesse et les honneurs a travers des mécanismes de coercition et de corruption a grande échelle. Il ne peut y avoir de développement économique, ni de progrès social sans la stabilité qui canalise les énergies et évite que les forces centrifuges, ces instincts anarchiques particulièrement présents dans les gènes de la société mauritanienne, ne viennent a bout des acquis et principalement du plus important d’entre eux, l’Etat.
Mauritania Project rappelle qu’il ne peut y avoir de stabilité et de développement sans la création d’une bureaucratie d’Etat indépendante des fluctuations politiques pour préserver l’intérêt général et éviter que ce dernier ne soit constamment subordonné aux caprices des princes du moment, fussent ils issus d’un processus démocratique parfait. Cela passe par la professionnalisation de la fonction publique, la reforme des institutions de l’Etat suivant les règles impersonnelles de la rigueur, de la compétence et de l’efficacité, et la réglementation des rapports entre le politique et l’administratif.
Mauritania Project attire l’attention sur le cout exorbitant des institutions issues de la constitution de 1991 qui sur ce point n’a pas subi de modifications en 2006. Le Senat, le conseil constitutionnel, le Conseil économique et social, le Conseil islamique, la haute cour de justice, le médiateur de la République, le Chef de file de l’opposition sont des institutions couteuses sans valeurs ajoutées perceptibles. Pour un pays dont les besoins de financements sont énormes, de telles dépenses sont un gâchis qui ne peut se justifier que par la volonté constante des princes du moment de caser leurs lieutenants, protégés et thuriféraires.
Mauritania Project exprime son opposition radicale à toute forme de sanctions économiques qui n’auront pour unique résultat que d’affaiblir davantage l’Etat surtout dans ses fonctions de pourvoyeurs de services publics de base a des populations pauvres déjà largement victimes des caprices d’une classe politique trop absorbée par elle-même pour mesurer les dommages collatéraux que son action induit sur le reste du peuple qu’elle est pourtant sensée servir et défendre ses intérêts.
Mauritania Project est une organisation de la société civile qui se donne pour objectif d’œuvrer pour la consolidation de l’Etat mauritanien, l’amélioration de sa gouvernance et le développement de son potentiel humain.
A propos de l’interview de notre honorable sénateur Mohcen Ould Hadj
J’ai été interpellé par l’interview que le sénateur de Rosso a accordé au Calame et dans laquelle il a exprimé des propos peu amènes a l’égard du Président de la République l’accusant, d’avoir remis en scelle les caciques du défunt PRDS comme prélude a la restauration du Parti-Etat, rompant, ainsi, « le contrat politique et moral » qui lierait le Chef de l’Etat a un certain « nous » indéfini, le sénateur s’étant représenté indépendant, on ne lui connait pas d’affiliation politique autre que celle qu’il avait quitté avant de soutenir le candidat Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Même si on convient pour la forme que le « nous » représente une faction dont Mohcen serait le porte parole, le seul contrat qui lie le Président de la République est celui qu’il a avec le peuple qui l’a élu sur un programme défini et a travers des élections que personne n’a contesté et qui ont été, en leur temps, citées comme exemple de transparence et de sérieux.
Les propos de Mohsen auraient passé inaperçu dans l’ambiance de fronde actuelle, tout à fait compréhensible dans une dynamique politique qui n’est pas encore stabilisée, s’il ne venait d’un homme qui entretient une relation privilégiée avec le General Mohamed Ould Abdel Aziz, le Chef de l’Etat major particulier du Chef de l’Etat. Une manière volontaire ou non de sa part d’accréditer la thèse d’une tension au sommet entre ce dernier et le Président de la République sur laquelle jasent le microcosme politique mauritanien, apparemment incapable d’imaginer une grille de lecture autre que celle de la lutte des clans pour la sauvegarde des privilèges. J’ai bien peur que ses propos ne soient interprétés comme une immixtion des chefs militaires dans le jeu politique, auquel cas je ne crois pas qu’en agissant de la sorte, il sert celui qui lui a donné voix au chapitre, et la contribution de ce dernier a l’édification d’un Etat mauritanien fort et démocratique.
J’ai beaucoup de respect pour le General Mohamed Ould Abdel Aziz et je crois que la Mauritanie lui doit beaucoup pour avoir été l’un des principaux instigateurs du coup du 3 Aout 2005 et celui qui a dit non a la tentative des amis du Colonel Ely Ould Mohamed Vall de capoter la transition vers la démocratie. La classe politique ne lui a pas été reconnaissante. Pour beaucoup, il est devenu le bouc émissaire, tant tôt pour avoir empêché Ahmed Ould Daddah d’accéder a la magistrature suprême, tant tôt pour avoir privé un tel d’avoir les faveurs du Chef de l’Etat. Son limogeage est pour certains la condition sine quoi non d’une reprise en main réelle de la Présidence par son occupant légitime. Le Président de la République l’a élevée au rang de General et étendu ses attributions militaires. Ce n’est que justice pour un officier brave qui a eu le courage d’agir au moment opportun, non pour s’accaparer le fauteuil présidentiel comme c’est la coutume mais permettre a la Mauritanie d’en finir avec la dictature et d’inaugurer une nouvelle phase de son développement avec l’organisation de consultations électorales dont la transparence et la crédibilité sont données comme exemples a travers la planète. Un acquis qui nous permet, aujourd’hui d’envisager l’avenir avec sérénité et de jeter aux oubliettes de l’histoire les mesquineries de l’ère ante démocratique.
La sauvegarde de cet acquis revient, cependant, aux autorités actuelles et a la classe politique dans son ensemble pour éviter que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on en revient aux pratiques de la gabegie et du laisser aller qui ont marqué le règne des Chefs militaires. Si le 03 Aout 2005 a un sens, il marque la fin a jamais de l’implication directe ou indirecte de ces derniers dans le jeu politique. Le métier des Chefs militaires est de s’occuper de l’Armée pour en faire une institution républicaine capable de faire face aux défis majeurs de sécurité. C’est une tache ardue qui requiert leur total attention. Toute immixtion de leur part dans les joutes politiques est un facteur d’instabilité et une ponction sur leur crédibilité et leur capacité à produire des résultats satisfaisants qui peuvent justifier, aux yeux de l’opinion, l’énorme charge financière qu’ils induisent sur le budget de l’Etat.
C’est au Président de la République que revient la charge de nommer et de démettre les membres du Gouvernement. Il a jugé opportun de faire appel à des politiques, c’est son droit et c’est opportun depuis que le premier Gouvernement formé de soi-disant technocrates a été incapable de faire face aux échéances. Des innovations ont été observées dans la forme. Le Premier ministre est le président du plus grand parti de la majorité, avec pas moins d’une cinquantaine de députés. Ceux qui s’agitent aujourd’hui auraient été plus crédibles s’ils avaient claqué la porte a ADIL des le début et refusé le leadership de celui qui deviendra plus tard le Chef du Gouvernement. Les partis politiques ont discuté et négocié leur entrée au Gouvernement. Trois des principaux partis d’opposition au régime de Ould Taya font désormais partie de la majorité présidentielle. Ceux qui leur en veulent, le font par mauvaise fois ou par calcul politique. L’opposition n’est pas une fin en soi et l’objectif ultime de toute formation politique est l’entrée au Gouvernement. D’autres ont fait le choix de rester dans l’opposition, c’est tout a leur honneur. Ils seront rejoints par tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans la manière dont ce pays est gouverné, c’est leur droit le plus absolu. La recomposition du paysage politique tant attendue est en marche et ce n’est que justice pour ce pays qui a trop longtemps croupi sous le régime de la contrainte et des ralliements forcés. C’est de l’avis de tout démocrate sincère un grand pas en avant dans la normalisation de la scène politique et la création des conditions idoines pour un fonctionnement serein des institutions républicaines.
Dire qu’il s’agit d’un retour à la période d’avant le 03 Aout 2005 est quelque peu exagéré et simpliste. Il est vrai que ceux connus désormais sous le label de Roumouz Alvessad y occupent une place de choix mais c’est naturel depuis que ces derniers se sont recyclés en grand électeurs courtisés par les autorités militaires de transition, les partis politiques et les différents candidats à la Présidence de la République. La classe politique dans son ensemble a jugé nécessaire pour la stabilité du pays de tourner la page et oublier, sans aucune forme de procès, les agissements de ceux qui ont durant longtemps pillé les ressources et pervertit les valeurs. C’est injuste, moralement répréhensible, économiquement suicidaire, mais seules les voix marginales comme la mienne se sont élevées, en son temps, pour dénoncer une amnistie porteuse de germes d’instabilité, et d’appels ouverts a la récidive. Les leaders et les faiseurs d’opinion comme le sénateur Mohcen ont préféré, chacun pour des raisons particulières, l’amnésie et ce qui en découle de fait un rapport de force sur le terrain qui consacre l’hégémonie des Roumouz Alvassad sur la politique. Demander à un gouvernement démocratiquement élu de faire ce que d’autres ont été incapable de réaliser par la force des armes, est tout simplement irréaliste. Les autorités militaires de transition ont ménagé avant de copter les symboles les plus visibles de la gabegie.
On prête au Président de la République d’avoir exprimé sa volonté de ne pas gouverner avec les Roumouz. Il a essayé en nommant un premier gouvernement ou on a fait appel a des inconnus, de la jeunesse éduquée, qui se sont avérés être des bons a rien, peu représentatifs et inefficaces. Ce débat est aujourd’hui dépassé. Tout le monde sait que les moufsidin sont partout et il va falloir faire avec. L’essentiel est de s’assurer que désormais des mécanismes sont mis en place pour lutter contre la gabegie et la corruption. C’est un travail titanesque qui demande l’implication de tous les acteurs et la fin de l’impunité. C’est sur ce dernier point que le Gouvernement de Yahya Ould Waghef doit être jugé, avec une présomption de bonne volonté. Vouloir l’empêcher de gouverner par une motion de censure avant même qu’il ne fasse preuve se son incompétence sera une défiance non justifiée du législateur a l’exécutif qui impliquera automatiquement la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’organisation d’élections législatives anticipées. Un scenario qui emportera le dernier des bonnes réalisations de la période de transition, à savoir une Assemblée Nationale de large représentation, contrairement a un Senat ou l’élection a été truquée par l’intrusion de l’argent et l’achat des conseillers municipaux.
D’ailleurs, il est dommage que l’Etat dépenses des sommes importantes pour entretenir une institution comme le Senat dont l’utilité est fortement mise en cause et le mode d’élection carrément biaisé au moment ou les professeurs de l’enseignement secondaire réclament la modique somme de 30000 Um pour reprendre le travail et ou des administrations publiques de haute importance cherchent désespérément des moyens financiers qui leur manquent cruellement, je pense a ces nombreux médecins que la Fonction publique ne peut pas recruter faute de fiches budgétaires alors que la couverture sanitaire reste très en deca du minimum acceptable. Mais il s’agit la de questions qui ne sont pas a l’ordre du jour, la classe politique qui compte étant plus intéressée par qui perd et qui gagne dans la répartition du gâteau des nominations. Bonne chance a tous et particulièrement a celui qui a la lourde charge de montrer qu’on peut faire du mieux avec du vieux dans un environnement politique et social marqué par le scepticisme, voire le cynisme.
Les propos de Mohsen auraient passé inaperçu dans l’ambiance de fronde actuelle, tout à fait compréhensible dans une dynamique politique qui n’est pas encore stabilisée, s’il ne venait d’un homme qui entretient une relation privilégiée avec le General Mohamed Ould Abdel Aziz, le Chef de l’Etat major particulier du Chef de l’Etat. Une manière volontaire ou non de sa part d’accréditer la thèse d’une tension au sommet entre ce dernier et le Président de la République sur laquelle jasent le microcosme politique mauritanien, apparemment incapable d’imaginer une grille de lecture autre que celle de la lutte des clans pour la sauvegarde des privilèges. J’ai bien peur que ses propos ne soient interprétés comme une immixtion des chefs militaires dans le jeu politique, auquel cas je ne crois pas qu’en agissant de la sorte, il sert celui qui lui a donné voix au chapitre, et la contribution de ce dernier a l’édification d’un Etat mauritanien fort et démocratique.
J’ai beaucoup de respect pour le General Mohamed Ould Abdel Aziz et je crois que la Mauritanie lui doit beaucoup pour avoir été l’un des principaux instigateurs du coup du 3 Aout 2005 et celui qui a dit non a la tentative des amis du Colonel Ely Ould Mohamed Vall de capoter la transition vers la démocratie. La classe politique ne lui a pas été reconnaissante. Pour beaucoup, il est devenu le bouc émissaire, tant tôt pour avoir empêché Ahmed Ould Daddah d’accéder a la magistrature suprême, tant tôt pour avoir privé un tel d’avoir les faveurs du Chef de l’Etat. Son limogeage est pour certains la condition sine quoi non d’une reprise en main réelle de la Présidence par son occupant légitime. Le Président de la République l’a élevée au rang de General et étendu ses attributions militaires. Ce n’est que justice pour un officier brave qui a eu le courage d’agir au moment opportun, non pour s’accaparer le fauteuil présidentiel comme c’est la coutume mais permettre a la Mauritanie d’en finir avec la dictature et d’inaugurer une nouvelle phase de son développement avec l’organisation de consultations électorales dont la transparence et la crédibilité sont données comme exemples a travers la planète. Un acquis qui nous permet, aujourd’hui d’envisager l’avenir avec sérénité et de jeter aux oubliettes de l’histoire les mesquineries de l’ère ante démocratique.
La sauvegarde de cet acquis revient, cependant, aux autorités actuelles et a la classe politique dans son ensemble pour éviter que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on en revient aux pratiques de la gabegie et du laisser aller qui ont marqué le règne des Chefs militaires. Si le 03 Aout 2005 a un sens, il marque la fin a jamais de l’implication directe ou indirecte de ces derniers dans le jeu politique. Le métier des Chefs militaires est de s’occuper de l’Armée pour en faire une institution républicaine capable de faire face aux défis majeurs de sécurité. C’est une tache ardue qui requiert leur total attention. Toute immixtion de leur part dans les joutes politiques est un facteur d’instabilité et une ponction sur leur crédibilité et leur capacité à produire des résultats satisfaisants qui peuvent justifier, aux yeux de l’opinion, l’énorme charge financière qu’ils induisent sur le budget de l’Etat.
C’est au Président de la République que revient la charge de nommer et de démettre les membres du Gouvernement. Il a jugé opportun de faire appel à des politiques, c’est son droit et c’est opportun depuis que le premier Gouvernement formé de soi-disant technocrates a été incapable de faire face aux échéances. Des innovations ont été observées dans la forme. Le Premier ministre est le président du plus grand parti de la majorité, avec pas moins d’une cinquantaine de députés. Ceux qui s’agitent aujourd’hui auraient été plus crédibles s’ils avaient claqué la porte a ADIL des le début et refusé le leadership de celui qui deviendra plus tard le Chef du Gouvernement. Les partis politiques ont discuté et négocié leur entrée au Gouvernement. Trois des principaux partis d’opposition au régime de Ould Taya font désormais partie de la majorité présidentielle. Ceux qui leur en veulent, le font par mauvaise fois ou par calcul politique. L’opposition n’est pas une fin en soi et l’objectif ultime de toute formation politique est l’entrée au Gouvernement. D’autres ont fait le choix de rester dans l’opposition, c’est tout a leur honneur. Ils seront rejoints par tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans la manière dont ce pays est gouverné, c’est leur droit le plus absolu. La recomposition du paysage politique tant attendue est en marche et ce n’est que justice pour ce pays qui a trop longtemps croupi sous le régime de la contrainte et des ralliements forcés. C’est de l’avis de tout démocrate sincère un grand pas en avant dans la normalisation de la scène politique et la création des conditions idoines pour un fonctionnement serein des institutions républicaines.
Dire qu’il s’agit d’un retour à la période d’avant le 03 Aout 2005 est quelque peu exagéré et simpliste. Il est vrai que ceux connus désormais sous le label de Roumouz Alvessad y occupent une place de choix mais c’est naturel depuis que ces derniers se sont recyclés en grand électeurs courtisés par les autorités militaires de transition, les partis politiques et les différents candidats à la Présidence de la République. La classe politique dans son ensemble a jugé nécessaire pour la stabilité du pays de tourner la page et oublier, sans aucune forme de procès, les agissements de ceux qui ont durant longtemps pillé les ressources et pervertit les valeurs. C’est injuste, moralement répréhensible, économiquement suicidaire, mais seules les voix marginales comme la mienne se sont élevées, en son temps, pour dénoncer une amnistie porteuse de germes d’instabilité, et d’appels ouverts a la récidive. Les leaders et les faiseurs d’opinion comme le sénateur Mohcen ont préféré, chacun pour des raisons particulières, l’amnésie et ce qui en découle de fait un rapport de force sur le terrain qui consacre l’hégémonie des Roumouz Alvassad sur la politique. Demander à un gouvernement démocratiquement élu de faire ce que d’autres ont été incapable de réaliser par la force des armes, est tout simplement irréaliste. Les autorités militaires de transition ont ménagé avant de copter les symboles les plus visibles de la gabegie.
On prête au Président de la République d’avoir exprimé sa volonté de ne pas gouverner avec les Roumouz. Il a essayé en nommant un premier gouvernement ou on a fait appel a des inconnus, de la jeunesse éduquée, qui se sont avérés être des bons a rien, peu représentatifs et inefficaces. Ce débat est aujourd’hui dépassé. Tout le monde sait que les moufsidin sont partout et il va falloir faire avec. L’essentiel est de s’assurer que désormais des mécanismes sont mis en place pour lutter contre la gabegie et la corruption. C’est un travail titanesque qui demande l’implication de tous les acteurs et la fin de l’impunité. C’est sur ce dernier point que le Gouvernement de Yahya Ould Waghef doit être jugé, avec une présomption de bonne volonté. Vouloir l’empêcher de gouverner par une motion de censure avant même qu’il ne fasse preuve se son incompétence sera une défiance non justifiée du législateur a l’exécutif qui impliquera automatiquement la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’organisation d’élections législatives anticipées. Un scenario qui emportera le dernier des bonnes réalisations de la période de transition, à savoir une Assemblée Nationale de large représentation, contrairement a un Senat ou l’élection a été truquée par l’intrusion de l’argent et l’achat des conseillers municipaux.
D’ailleurs, il est dommage que l’Etat dépenses des sommes importantes pour entretenir une institution comme le Senat dont l’utilité est fortement mise en cause et le mode d’élection carrément biaisé au moment ou les professeurs de l’enseignement secondaire réclament la modique somme de 30000 Um pour reprendre le travail et ou des administrations publiques de haute importance cherchent désespérément des moyens financiers qui leur manquent cruellement, je pense a ces nombreux médecins que la Fonction publique ne peut pas recruter faute de fiches budgétaires alors que la couverture sanitaire reste très en deca du minimum acceptable. Mais il s’agit la de questions qui ne sont pas a l’ordre du jour, la classe politique qui compte étant plus intéressée par qui perd et qui gagne dans la répartition du gâteau des nominations. Bonne chance a tous et particulièrement a celui qui a la lourde charge de montrer qu’on peut faire du mieux avec du vieux dans un environnement politique et social marqué par le scepticisme, voire le cynisme.
Partira, partira pas, le Gouvernement de Zein Ould Zeidane, un an après
Published by Cridem, Tribune May 2008
Quand le premier Gouvernement de l’ère démocratique a été formé, il n’y avait pas l’excitation et l’enthousiasme des grands moments. Le Président de la République a certes tenu à écarter des premières loges de son administration les hommes qui symbolisent le plus la gabegie et la corruption mais pour les partisans du renouveau, il n’y avait pas de quoi pavoiser. Les Ministres n’avaient ni les compétences et les qualifications bien établies des technocrates, ni la légitimité des élus et des vétérans de l’activisme politique. Ils ont tous, à l’exception des ministres issus des rangs de l’APP, servi avec abnégation et sans état d’âme, dans la pure tradition du carriérisme froid et calculateur, un système politico-administratif responsable de la situation calamiteuse sur tous les plans dans laquelle se trouve notre pays. Il était clair pour les observateurs avertis que l’aspiration au changement telle qu’exprimée par les populations durant les différentes consultations électorales ne sera pas satisfaite malgré la rhétorique officielle et la volonté affichée de ne pas heurter les sentiments d’un peuple longtemps assujetti a l’humiliation par la terreur de l’exclusion. Des mesures historiques comme le retour des refugiés mauritaniens vivant au Sénégal et au Mali et la criminalisation de l’esclavage, crédit indéniable a l’actif de l’actuel Gouvernement passent presque inaperçues devant l’accumulation des bévues et la dégradation des conditions des ménages. Les gesticulations actuelles de la classe politiques n’augurent rien de bon. Les plus vocaux parmi les critiques du Gouvernement qui se proposent comme alternative suite à l’incapacité de ce dernier à mettre en œuvre le programme du Président de la République sont des hommes et des groupes connus pour leur participation active, dans le pillage des deniers publics et l’asservissement des populations. Ils n’offrent aucune perspective encourageante pour le pays et leur mise en avant achèvera le processus de réhabilitation du système politico-administratif tel qu’il existait avant le 03 Aout 2005. Comment en est on arrivé a ce point ?
Le Gouvernement de Zein Ould Zeidane avait le choix stratégique d’inscrire son action dans une dynamique nouvelle faite de volontarisme, de communication et de recherche de l’efficacité pour convaincre et susciter l’adhésion aux reformes indispensables à la remise sur les rails de la nation mauritanienne. Zein en avait le profil. Jeune et dynamique, politiquement vierge, le Premier ministre pouvait facilement faire oublier ses connivences suspectes avec certains milieux d’affaires à l’ origine d’une carrière fulgurante et prouver sur le terrain la pertinence de son slogan de campagne « la force du changement ». Le Président de la République l’aurait certainement soutenu dans cette voie plus en phase avec le programme sur lequel ce dernier a été élu. Le peuple aussi, aurait été enthousiasmé et revigoré, une manière certaine de l’éloigner davantage de la révolte et de la dépression.
Le premier Gouvernement de l’ère démocratique a cependant choisi autrement. Il a systématiquement opté pour la continuité avec les hommes et les méthodes des Gouvernements qui l’ont prédécédé, et s’est installé, des le début, dans la gestion de la routine reculant aux calendes grecques les reformes difficiles mais incontournables sur lesquelles il était très attendu. Il a, ainsi, non seulement, porté préjudice à la nation tout entière et à cette légitimité qui fondait sa particularité démocratique et lui conférait un magistère moral, sans précédent dans les annales de notre histoire mais aussi à cette partie de l’élite compromise qui voulait sincèrement tourner la page et s’insérer dans le processus de rédemption offert par l’élection du Président de la République, candidat par défaut d’un système politico-administratif qui ne s’est apparemment pas encore réellement convaincu de la nécessité d’en finir avec les méthodes surannées de nos fossoyeurs d’hier. Un an après, le premier gouvernement de la Mauritanie contemporaine à se prévaloir d’une réelle légitimité démocratique semble s’enliser dans la gestion expéditive des urgences et parait incapable de reprendre l’initiative, jetant ainsi le doute voire la confusion et le désarroi chez la majorité de ses administrées quant a ses capacités de relever les défis de cette phase critique du développement de notre pays. Pourtant, les occasions ne lui ont pas manquées pour marquer sa différence mais elles n’ont été jamais saisies. Les raisons de cette démission ou ce refus d’agir n’ont jamais été expliqués, le Gouvernement préférant le mutisme a la communication comme « au bon vieux temps », comme pour signifier a ses détracteurs « les chiens aboient, la caravane passe ».
La drogue et le terrorisme
Quelques semaines après la nomination du Premier ministre, des quantités énormes de drogue sont saisies, par pur accident, à l’aéroport de Nouadhibou. Des trafiquants pris en flagrant délit de possession de narco-substances furent appréhendés, alors que d’autres eurent suffisamment de temps pour s’enfuir. Des affaires similaires se succèdent qui donne la mesure de l’ampleur du phénomène. Le Gouvernement reste paralysé. Sa réaction molle à un phénomène dangereux présentant des menaces sérieuses pour la sécurité et la stabilité nationales jette les premiers doutes sur, sinon sa volonté, du moins, sa capacité à confronter les véritables problèmes du moment.
Seuls les néophytes sont surpris par l’ampleur du phénomène. La drogue dont la consommation locale reste limitée est néanmoins source de gros revenus pour un nombre croissant d’individus et alimente des circuits financiers et commerciaux importants. Elle est derrière de grosses fortunes amassées en un temps record par des hauts fonctionnaires de la police, des hommes influents du milieu des affaires et une petite clique de jeunes oisifs exhibant un luxe d’une extravagance insolente. Elle a longtemps été tolérée suivant un raisonnement cynique fondé sur une logique biaisée : étant donnée l’inexistence d’un marché de consommation locale, le potentiel de nuisance pour le pays est par conséquent minimal et la marge de profit maximale. Le trafic des stupéfiants ne représentait pas un danger immédiat pour le régime en place. Les Gouvernements successifs ont laissé faire. Le commerce de la drogue fleurissait et avec lui les facilités de payements pour une consommation ostentatoire de plus en plus visible et répandue qui excitait l’appétit des Mauritaniens pour l’argent facile et détournait un nombre grandissant d’entre eux des voies classiques de génération des revenues.
Quand l’affaire Ould Haidalla éclate, la question était de savoir si le phénomène de la drogue était circonscris a des segments marginaux de la société ou si, par contre, ce dernier a pénétré les rouges de l’Etat a un niveau élevé. Les inquiétudes ne manquaient pas. Les plus pessimistes craignaient que la Mauritanie ne fût déjà un Etat narcotrafiquant, un statut auquel le prédispose sa situation géographique, l’appétit pour l’argent facile de ses fonctionnaires, la faiblesse structurelle de ses services de sécurité et la déliquescence généralisée de son système judiciaire. L’opinion voulait savoir et surtout espérer que l’Etat fasse preuve de fermeté et de compétence dans le traitement de la première question de taille qui met à l’épreuve les nouvelles autorités élues du pays. Le Gouvernement sera évalué sur sa capacité de démanteler les filières de la drogue, d’arrêter et de juger les coupables et d’appliquer la loi dans toute sa rigueur a toutes les personnes physiques ou morales impliquées dans le trafic des stupéfiants. Les performances n’ont pas été au rendez-vous comme chacun peut s’en apercevoir.
Ould Haidalla croupit en prison au Maroc. Tous ses complices sont en dehors de l’emprise de la Justice mauritanienne. Ceux qui furent arrêtés s’évadèrent. Les ramifications de l’affaire restent un secret d’Etat. Le Gouvernement a refusé une commission d’enquête parlementaire. La commission administrative désignée par le Chef de l’Etat a été incapable de produire un rapport final. Les principaux chefs de la police sont restés à leurs places s’ils n’ont pas connu de promotions. L’affaire est classée, oubliée. L’impunité continue et avec elle le danger de la drogue. Il y a quelques semaines, une cargaison de drogue a été saisie, encore a Nouadhibou. Ses propriétaires n’ont même pas été inquiétés. Ils se sont tranquillement éclipsés. L’événement est même passé inaperçu.
Il faut dire que le pays vit depuis plusieurs mois sous l’emprise de la menace terroriste. Le principal détenu dans l’affaire de l’assassinat des français dans les environs d’Aleg s’est évadé des mains de la justice avec une facilite déconcertante au moment ou les services de sécurité sont supposés être en alerte maximale, la Mauritanie reçoit un visiteur de taille, Son Altesse Hamad Al Thani, l’émir de Qatar. Les tentatives de recapturer le désormais tristement célèbre Ould Sidina, ont couté la vie a un officier de police, tombé sur le champ de bataille et placé le pays dans la psychose de la guérilla urbaine. Des tirs d’armes automatiques en abondance et surtout la mort d’un jeune homme tué accidentellement par des éléments de la police. Les forces de l’ordre peu entrainées a une pareille situation ont pour un moment donné l’impression d’être complètement dépassées avant que leur moral ne soit rehaussé par la dernière opération qui a permis de mettre sous les verrous tous les éléments de la cellule terroriste. Il est à craindre que ces criminels d’un type nouveau ne répondent de leurs actes barbares devant la loi, l’impunité continuant à être la règle tant dans les domaines politique et administratif que judiciaire.
La drogue et le terrorisme sont des phénomènes souvent très liés. Les terroristes se financent par les activités crapuleuses de toute sorte, y compris le commerce des stupéfiants, pourtant interdit par la religion de laquelle ils croient tirer leur inspiration macabre. Les synergies et connections réelles entre ces deux dangers constituent les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur la sécurité et la stabilité de notre pays en particulier et la zone sahelo-magrebine en général. Les jihadiste et les narcotrafiquants ont en commun d’exploiter la misère humaine et la violence dans toutes ses formes pour arriver à leurs objectifs. Ils ont montré dans plusieurs pays une formidable et effroyable capacité de coopération en dépit des différences idéologiques qui pourraient suggérer qu’ils sont aux antipodes les uns des autres. D’ailleurs l’attitude peu agressive du Gouvernement a l’encontre des trafiquants de drogue a été vite interprétée par les réseaux dormants de Al-Qaïda comme un signe de faiblesse suffisant à leurs yeux pour déclencher un campagne de terreur sans précédent, au nom d’une vision de l’Islam complètement étrangère au vécu local et à l’interprétation malékite des textes islamiques de base que sont le Coran et la Sunna.
Le Gouvernement ne peut faire l’économie d’une guerre sans merci contre les réseaux de la criminalité organisée. Le plutôt sera le mieux avant que les entreprises du crime n’établissent des connexions profondes dans le tissu social et ne deviennent indéboulonnables. C’est une course contre la montre dans un pays qui connait des transformations profondes sous l’effet de facteurs endogènes et exogènes sur lesquels il n’a pratiquement pas de contrôle. Autrement la révolte des pauvres et des laissés-pour-compte, jusque la bénigne, enfantera des zones de non-droit, autonomes et réfractaires à l’autorité de l’Etat, qui deviendront le refuge idéal pour les infrastructures de terreur et trafics de tous genres.
La rébellion des pauvres et des laissés-pour-compte
Six mois après la nomination de Zein Ould Zeidane et la formation de son équipe et seulement quelques jours après que celui-ci, dans une conférence de presse largement médiatisée, fasse un bilan très positif de l’action de son Gouvernement, des manifestations spontanées de ras-le-bol éclatent dans les régions reculées de l’Est, le propre fief du Premier Ministre et traditionnel réservoir de soutiens pour les régimes en place. Ces manifestations d’une violence inconnue auparavant se propagent comme une traînée de poudre à d’autres zones du pays faisant craindre en an moment le pire, une intifida généralisée que n’aurait stoppée qu’un retour au pouvoir des hommes en uniforme. Un scénario catastrophe que beaucoup encore influents dans les hautes sphères de l’Etat espèrent secrètement tant il leur offre le seul vrai rempart contre le regard du peuple et l’exigence de rendre des comptes.
Devant une crise subite qu’il n’a évidemment pas prévu, le Gouvernement a réagi rapidement. Des mesures ont été prises pour calmer la situation. Les appels en sont sein pour designer comme d’habitude des boucs émissaires et faire comme si de rien était n’ont pas eu de suite. Le Président de la République a en personne exprimé sa compréhension pour la réaction d’une population pressée jusqu'à la limite du supportable par une conjoncture économique difficile. Mais le mal est déjà fait. Des dégâts matériels énormes, de nombreux blessés aussi bien dans les rangs des manifestants qu’au sein des forces de maintien de l’ordre et surtout la mort tragique d’un jeune homme à la fleur de l’age qui était certainement loin d’imaginer que les agents publics chargés de sa propre sécurité aller lui tirer dessus à balles réelles. C’est le cout élevé de l’imprévoyance d’un Gouvernement qui a vite oublié que gouverner c’est d’abord prévoir.
Un plan confectionné sous le sceau de l’urgence a été mis en place. Le Gouvernement a décidé de puiser dans les maigres ressources de l’Etat pour distribuer des prébendes sous forme de dons de vivres aux populations et de subventions a la Sonimex, une société publique tombée aux oubliettes depuis les premiers programmes d’ajustements structurel et qui refait surface comme la panacée du jour. Ce plan n’a pas dérogé à la règle. Son impact sur le terrain est peu significatif. Le Senat vient de designer une commission d’enquête pour en savoir plus. Les populations n’ont rien vu de substantiel. Les conditions de ménages continuent à se détériorer. Un autre plan vient d’être annoncé par le Président de la République. Prions pour qu’il ait plus de succès. L’administration sensée le mettre en ouvre reste minée par les dysfonctionnements structurels et gangrenée par la corruption. Affaire à suivre.
La corruption et la bonne Gouvernance
Le Gouvernement s’est fourvoyé des le début dans des refontes de structures maladroites et coûteuses qui l’ont épuisé au commencement. Il s’est par la suite enlisé dans la routine et a été incapable de se distinguer des Gouvernements qui l’ont précédé sauf par l’énormité des ses couts de structures. Le nombre de département ministériels s’est accru de plus de 20%. Les organigrammes des Ministères montrent une tendance générale à l’hypertrophie. On ne lésine pas sur la création des postes de chargés de mission, de conseillers, de directeurs et d’inspecteurs généraux, de directeurs et d’inspecteurs tout court. La Présidence a donné l’exemple, en nommant plus d’une vingtaine de conseillers dont on ne sait pas exactement le rôle dans l’architecture gouvernementale, certains d’entre eux exhibent des qualifications indéniables, d’autres sont bons a rien. Un exemple suivi par la primature et les différents départements ministériels comme si l’urgence est de caser les amis et/ou le trop plein d’alliés politiques. L’efficacité et l’efficiente peuvent attendre, elles ne paraissent pas à l’ordre du jour.
Les Ministres beaucoup moins accessibles que leur prédécesseurs de la transition militaire se sont rapidement inscrits dans la logique de j’y suis, j’en profite, n’associant que leurs amis et protégés et remettant à plus tard l’exigence d’utilité, de justice et d’équité dans la nomination aux emplois publics. Ils ont profité de la faiblesse des services de la Présidence, le cabinet en particulier, pour clairement abuser des pouvoirs qui leur ont été délégués dans la nouvelle approche de déconcentration chère au Président de la République. Les tentatives de mettre de l’ordre dans certains départements se sont limitées à des mesures formelles d’application de textes et n’ont que rarement touché à la racine du mal qui ronge les services publics. Des salariés se sont retrouvés au chômage et des fonctionnaires au carreau à l’issue de mesures administratives ou dominent la précipitation, l’improvisation et l’arbitraire sans aucune référence à une stratégie globale de reforme convaincante. La masse des mécontents s’est gonflée en si peu de temps obligeant le Président de la République à monter au créneau pour défendre une équipe Ministérielle dont la plupart de ses membres lui était inconnus avant leur nomination.
Sentant son état de grâce s’effriter et pour contrer les agitations dans les milieux de l’opposition démocratique visant a récupérer le malaise populaire grandissant, le Gouvernement n’a pas trouvé mieux que de mentir au peuple en soutenant abusivement par la voix de ces membres qui ont le plus d’autorité en matière d’économie que la conjoncture est bonne et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Des déclarations tonitruantes qui ont laissé sceptiques plus d’un tant elles contrastent avec les faillites en série des entreprises publiques, l’état délabré des services de l’Etat et les conditions insoutenables de la vie des ménages. Elles ont laissé un mauvais goût d’autosatisfaction et de suffisance, propre à une propagande officielle désuète, qui a certainement agacé et énervé une population fatiguée, pressée jusqu’aux limites du supportable par une situation économique et sociale difficile a laquelle elle ne voit pas d’issue.
Le Gouvernement a promulgué une loi sur la transparence financière. Malgré ses insuffisances, elle reste un pas significatif dans la bonne direction. Elle n’est cependant pas prise très au sérieux par les principaux concernés, en témoigne le dernier communiqué du Ministre de la Fonction Publique et la modernisation de l’Administration qui demande a ces derniers de se conformer a la règle avant le 30 Mars 2008, faute de quoi, leur nomination pourrait être révoquée. Les déclarations de revenus des hauts fonctionnaires sont entourées du plus grand secret comme si il y avait quelque chose d’impudique à rendre public un revenu bien acquis. Il va falloir modifier cette loi pour la rendre plus agressive dans le sens d’une transparence totale. Que ceux qui veulent servir la nation s’astreignent à ce minimum de visibilité qu’est la déclaration de leurs biens et les voies de leur acquisition.
Même s’il est indéniable que le pillage à ciel ouvert des deniers publics qui était en vigueur avant le 3 Aout 2005 et dans une moindre mesure durant la transition militaire n’est plus ce qu’il était, force est de constater que l’environnement dans lequel se sont développées ces pratiques déplorables reste pour une large part en place. Les contrôles administratifs et judiciaires demeurent très déficients. L’impunité continue à être la règle. Rien ne permet de dire qu’un pas irréversible a été franchi sur la voie de la sécurisation du patrimoine de l’Etat. Des affaires comme celle de la raffinerie de pétrole ont défrayé la chronique sans que les responsabilités soient clairement définies et sans que personne ne paye pour ses fautes. Une ambiance qui justifie toutes les craintes d’un retour programmée à la case départ, à cette conception patrimoniale de l’Etat, vache à lait pour les laudateurs et serviteurs des princes du moment.
Les nominations aux emplois supérieurs de l’Etat continue à être régis, à quelques exceptions prés, par les copinages, les affiliations politiques et la camaraderie. Le Gouvernement a promulgué un décret qui assujettit les nominations aux échelles intermédiaires de la hiérarchie administrative (directeur adjoint, chef de service, chef de division) a des critères d’ancienneté et de corps suivant une approche louable de soustraire ce genre de nomination de la pression des politiques. Sa conséquence la plus immédiate sera cependant de verrouiller cette partie de la chaine de commandement administratif sur les fonctionnaires recrutés le plus souvent suivant des procédures laxistes, voire irrégulières et en exclure pour de bon tous ceux qui n’ont jamais eu la chance de compétir aux emplois publics suivant des critères impersonnels de qualifications et d’aptitudes. Une manière pour le Gouvernement de faire porter à l’Etat le fardeau lourd du passif administratif légué par deux décennies de laisser aller, de clientélisme et de népotisme dans la Fonction Publique. Il aurait été plus juste d’entreprendre une large évaluation des personnels de l’Etat a travers des concours sérieux, de vérification de cursus scolaires et universitaires pour avoir la meilleure idée du potentiel existant et de ne faire entrer dans les corps de l’Etat, nouvellement constitués, que ceux qui ont fait la preuve de leur mérite.
Qu’il s’agit d’assurer la sécurité des biens et des personnes, de lutter contre la corruption, de rendre plus performants les outils de gouvernement, ou d’améliorer les services publics de base, les autorités nationales pêchent par manque de volontarisme et de courage. Leurs actions n’inspirent ni la confiance, ni l’adhésion et ne paraissent pas coordonnées. Il y a comme une vacance de pouvoir sur laquelle jasent tous ceux qui trouvent un malin plaisir à propager la rumeur sur les luttes de clans au sein du sommet de l’Etat. Le Président de la République parait confiné dans une citadelle assiégée par des loups qui ne veulent rien céder de leurs privilèges. Les hommes qu’il a sorti de l’ombre ne semblent pas en mesure de l’aider dans sa mission. Ceux qu’il a reconduits parmi les acolytes de ses prédécesseurs a la tète de l’Etat ne voient en lui qu’une parenthèse. Leur attention est déjà fixée sur le prochain chef de l’Exécutif qu’ils espèrent venir de la grande muette, le plus vite serait le mieux.
La Mauritanie ne peut faire l’économie d’une révolution, en douceur ou dans la peine, peu importe dans la manière dont elle est gouvernée. Le pays est menacé dans son existence. Le processus démocratique risque de capoter. Les institutions de l’Etat sont en complète déconfiture. Le projet d’Etat conçu et mis en chantier contre « vents et marrées » par Feu Moktar Ould Daddah et ses coéquipiers de la génération de l’indépendance se meurt sous nos yeux sans que les citoyens à titre individuels ou collectifs ne savent quoi faire pour sauver le plus grand acquis de la Mauritanie contemporaine.
Il y a un an, les mauritaniens ont fait confiance au Président de la République et l’ont investi de l’autorité suprême pour conduire la communauté nationale vers des lendemains meilleurs. Que des voix s’élèvent pour réclamer le retour de Ould Taya et que d’autres en appelle au sauveur Ely est en soi un indicateur du peu de progrès accompli durant cette première année de transition démocratique. Ceux qui gardent l’espoir continuent à croire qu’il ne s’agisse que d’un accident de parcours. Prions tous pour qu’il soit ainsi. Pour le premier Gouvernement de l’ère démocratique, l’échec n’est pas une option.
Quand le premier Gouvernement de l’ère démocratique a été formé, il n’y avait pas l’excitation et l’enthousiasme des grands moments. Le Président de la République a certes tenu à écarter des premières loges de son administration les hommes qui symbolisent le plus la gabegie et la corruption mais pour les partisans du renouveau, il n’y avait pas de quoi pavoiser. Les Ministres n’avaient ni les compétences et les qualifications bien établies des technocrates, ni la légitimité des élus et des vétérans de l’activisme politique. Ils ont tous, à l’exception des ministres issus des rangs de l’APP, servi avec abnégation et sans état d’âme, dans la pure tradition du carriérisme froid et calculateur, un système politico-administratif responsable de la situation calamiteuse sur tous les plans dans laquelle se trouve notre pays. Il était clair pour les observateurs avertis que l’aspiration au changement telle qu’exprimée par les populations durant les différentes consultations électorales ne sera pas satisfaite malgré la rhétorique officielle et la volonté affichée de ne pas heurter les sentiments d’un peuple longtemps assujetti a l’humiliation par la terreur de l’exclusion. Des mesures historiques comme le retour des refugiés mauritaniens vivant au Sénégal et au Mali et la criminalisation de l’esclavage, crédit indéniable a l’actif de l’actuel Gouvernement passent presque inaperçues devant l’accumulation des bévues et la dégradation des conditions des ménages. Les gesticulations actuelles de la classe politiques n’augurent rien de bon. Les plus vocaux parmi les critiques du Gouvernement qui se proposent comme alternative suite à l’incapacité de ce dernier à mettre en œuvre le programme du Président de la République sont des hommes et des groupes connus pour leur participation active, dans le pillage des deniers publics et l’asservissement des populations. Ils n’offrent aucune perspective encourageante pour le pays et leur mise en avant achèvera le processus de réhabilitation du système politico-administratif tel qu’il existait avant le 03 Aout 2005. Comment en est on arrivé a ce point ?
Le Gouvernement de Zein Ould Zeidane avait le choix stratégique d’inscrire son action dans une dynamique nouvelle faite de volontarisme, de communication et de recherche de l’efficacité pour convaincre et susciter l’adhésion aux reformes indispensables à la remise sur les rails de la nation mauritanienne. Zein en avait le profil. Jeune et dynamique, politiquement vierge, le Premier ministre pouvait facilement faire oublier ses connivences suspectes avec certains milieux d’affaires à l’ origine d’une carrière fulgurante et prouver sur le terrain la pertinence de son slogan de campagne « la force du changement ». Le Président de la République l’aurait certainement soutenu dans cette voie plus en phase avec le programme sur lequel ce dernier a été élu. Le peuple aussi, aurait été enthousiasmé et revigoré, une manière certaine de l’éloigner davantage de la révolte et de la dépression.
Le premier Gouvernement de l’ère démocratique a cependant choisi autrement. Il a systématiquement opté pour la continuité avec les hommes et les méthodes des Gouvernements qui l’ont prédécédé, et s’est installé, des le début, dans la gestion de la routine reculant aux calendes grecques les reformes difficiles mais incontournables sur lesquelles il était très attendu. Il a, ainsi, non seulement, porté préjudice à la nation tout entière et à cette légitimité qui fondait sa particularité démocratique et lui conférait un magistère moral, sans précédent dans les annales de notre histoire mais aussi à cette partie de l’élite compromise qui voulait sincèrement tourner la page et s’insérer dans le processus de rédemption offert par l’élection du Président de la République, candidat par défaut d’un système politico-administratif qui ne s’est apparemment pas encore réellement convaincu de la nécessité d’en finir avec les méthodes surannées de nos fossoyeurs d’hier. Un an après, le premier gouvernement de la Mauritanie contemporaine à se prévaloir d’une réelle légitimité démocratique semble s’enliser dans la gestion expéditive des urgences et parait incapable de reprendre l’initiative, jetant ainsi le doute voire la confusion et le désarroi chez la majorité de ses administrées quant a ses capacités de relever les défis de cette phase critique du développement de notre pays. Pourtant, les occasions ne lui ont pas manquées pour marquer sa différence mais elles n’ont été jamais saisies. Les raisons de cette démission ou ce refus d’agir n’ont jamais été expliqués, le Gouvernement préférant le mutisme a la communication comme « au bon vieux temps », comme pour signifier a ses détracteurs « les chiens aboient, la caravane passe ».
La drogue et le terrorisme
Quelques semaines après la nomination du Premier ministre, des quantités énormes de drogue sont saisies, par pur accident, à l’aéroport de Nouadhibou. Des trafiquants pris en flagrant délit de possession de narco-substances furent appréhendés, alors que d’autres eurent suffisamment de temps pour s’enfuir. Des affaires similaires se succèdent qui donne la mesure de l’ampleur du phénomène. Le Gouvernement reste paralysé. Sa réaction molle à un phénomène dangereux présentant des menaces sérieuses pour la sécurité et la stabilité nationales jette les premiers doutes sur, sinon sa volonté, du moins, sa capacité à confronter les véritables problèmes du moment.
Seuls les néophytes sont surpris par l’ampleur du phénomène. La drogue dont la consommation locale reste limitée est néanmoins source de gros revenus pour un nombre croissant d’individus et alimente des circuits financiers et commerciaux importants. Elle est derrière de grosses fortunes amassées en un temps record par des hauts fonctionnaires de la police, des hommes influents du milieu des affaires et une petite clique de jeunes oisifs exhibant un luxe d’une extravagance insolente. Elle a longtemps été tolérée suivant un raisonnement cynique fondé sur une logique biaisée : étant donnée l’inexistence d’un marché de consommation locale, le potentiel de nuisance pour le pays est par conséquent minimal et la marge de profit maximale. Le trafic des stupéfiants ne représentait pas un danger immédiat pour le régime en place. Les Gouvernements successifs ont laissé faire. Le commerce de la drogue fleurissait et avec lui les facilités de payements pour une consommation ostentatoire de plus en plus visible et répandue qui excitait l’appétit des Mauritaniens pour l’argent facile et détournait un nombre grandissant d’entre eux des voies classiques de génération des revenues.
Quand l’affaire Ould Haidalla éclate, la question était de savoir si le phénomène de la drogue était circonscris a des segments marginaux de la société ou si, par contre, ce dernier a pénétré les rouges de l’Etat a un niveau élevé. Les inquiétudes ne manquaient pas. Les plus pessimistes craignaient que la Mauritanie ne fût déjà un Etat narcotrafiquant, un statut auquel le prédispose sa situation géographique, l’appétit pour l’argent facile de ses fonctionnaires, la faiblesse structurelle de ses services de sécurité et la déliquescence généralisée de son système judiciaire. L’opinion voulait savoir et surtout espérer que l’Etat fasse preuve de fermeté et de compétence dans le traitement de la première question de taille qui met à l’épreuve les nouvelles autorités élues du pays. Le Gouvernement sera évalué sur sa capacité de démanteler les filières de la drogue, d’arrêter et de juger les coupables et d’appliquer la loi dans toute sa rigueur a toutes les personnes physiques ou morales impliquées dans le trafic des stupéfiants. Les performances n’ont pas été au rendez-vous comme chacun peut s’en apercevoir.
Ould Haidalla croupit en prison au Maroc. Tous ses complices sont en dehors de l’emprise de la Justice mauritanienne. Ceux qui furent arrêtés s’évadèrent. Les ramifications de l’affaire restent un secret d’Etat. Le Gouvernement a refusé une commission d’enquête parlementaire. La commission administrative désignée par le Chef de l’Etat a été incapable de produire un rapport final. Les principaux chefs de la police sont restés à leurs places s’ils n’ont pas connu de promotions. L’affaire est classée, oubliée. L’impunité continue et avec elle le danger de la drogue. Il y a quelques semaines, une cargaison de drogue a été saisie, encore a Nouadhibou. Ses propriétaires n’ont même pas été inquiétés. Ils se sont tranquillement éclipsés. L’événement est même passé inaperçu.
Il faut dire que le pays vit depuis plusieurs mois sous l’emprise de la menace terroriste. Le principal détenu dans l’affaire de l’assassinat des français dans les environs d’Aleg s’est évadé des mains de la justice avec une facilite déconcertante au moment ou les services de sécurité sont supposés être en alerte maximale, la Mauritanie reçoit un visiteur de taille, Son Altesse Hamad Al Thani, l’émir de Qatar. Les tentatives de recapturer le désormais tristement célèbre Ould Sidina, ont couté la vie a un officier de police, tombé sur le champ de bataille et placé le pays dans la psychose de la guérilla urbaine. Des tirs d’armes automatiques en abondance et surtout la mort d’un jeune homme tué accidentellement par des éléments de la police. Les forces de l’ordre peu entrainées a une pareille situation ont pour un moment donné l’impression d’être complètement dépassées avant que leur moral ne soit rehaussé par la dernière opération qui a permis de mettre sous les verrous tous les éléments de la cellule terroriste. Il est à craindre que ces criminels d’un type nouveau ne répondent de leurs actes barbares devant la loi, l’impunité continuant à être la règle tant dans les domaines politique et administratif que judiciaire.
La drogue et le terrorisme sont des phénomènes souvent très liés. Les terroristes se financent par les activités crapuleuses de toute sorte, y compris le commerce des stupéfiants, pourtant interdit par la religion de laquelle ils croient tirer leur inspiration macabre. Les synergies et connections réelles entre ces deux dangers constituent les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur la sécurité et la stabilité de notre pays en particulier et la zone sahelo-magrebine en général. Les jihadiste et les narcotrafiquants ont en commun d’exploiter la misère humaine et la violence dans toutes ses formes pour arriver à leurs objectifs. Ils ont montré dans plusieurs pays une formidable et effroyable capacité de coopération en dépit des différences idéologiques qui pourraient suggérer qu’ils sont aux antipodes les uns des autres. D’ailleurs l’attitude peu agressive du Gouvernement a l’encontre des trafiquants de drogue a été vite interprétée par les réseaux dormants de Al-Qaïda comme un signe de faiblesse suffisant à leurs yeux pour déclencher un campagne de terreur sans précédent, au nom d’une vision de l’Islam complètement étrangère au vécu local et à l’interprétation malékite des textes islamiques de base que sont le Coran et la Sunna.
Le Gouvernement ne peut faire l’économie d’une guerre sans merci contre les réseaux de la criminalité organisée. Le plutôt sera le mieux avant que les entreprises du crime n’établissent des connexions profondes dans le tissu social et ne deviennent indéboulonnables. C’est une course contre la montre dans un pays qui connait des transformations profondes sous l’effet de facteurs endogènes et exogènes sur lesquels il n’a pratiquement pas de contrôle. Autrement la révolte des pauvres et des laissés-pour-compte, jusque la bénigne, enfantera des zones de non-droit, autonomes et réfractaires à l’autorité de l’Etat, qui deviendront le refuge idéal pour les infrastructures de terreur et trafics de tous genres.
La rébellion des pauvres et des laissés-pour-compte
Six mois après la nomination de Zein Ould Zeidane et la formation de son équipe et seulement quelques jours après que celui-ci, dans une conférence de presse largement médiatisée, fasse un bilan très positif de l’action de son Gouvernement, des manifestations spontanées de ras-le-bol éclatent dans les régions reculées de l’Est, le propre fief du Premier Ministre et traditionnel réservoir de soutiens pour les régimes en place. Ces manifestations d’une violence inconnue auparavant se propagent comme une traînée de poudre à d’autres zones du pays faisant craindre en an moment le pire, une intifida généralisée que n’aurait stoppée qu’un retour au pouvoir des hommes en uniforme. Un scénario catastrophe que beaucoup encore influents dans les hautes sphères de l’Etat espèrent secrètement tant il leur offre le seul vrai rempart contre le regard du peuple et l’exigence de rendre des comptes.
Devant une crise subite qu’il n’a évidemment pas prévu, le Gouvernement a réagi rapidement. Des mesures ont été prises pour calmer la situation. Les appels en sont sein pour designer comme d’habitude des boucs émissaires et faire comme si de rien était n’ont pas eu de suite. Le Président de la République a en personne exprimé sa compréhension pour la réaction d’une population pressée jusqu'à la limite du supportable par une conjoncture économique difficile. Mais le mal est déjà fait. Des dégâts matériels énormes, de nombreux blessés aussi bien dans les rangs des manifestants qu’au sein des forces de maintien de l’ordre et surtout la mort tragique d’un jeune homme à la fleur de l’age qui était certainement loin d’imaginer que les agents publics chargés de sa propre sécurité aller lui tirer dessus à balles réelles. C’est le cout élevé de l’imprévoyance d’un Gouvernement qui a vite oublié que gouverner c’est d’abord prévoir.
Un plan confectionné sous le sceau de l’urgence a été mis en place. Le Gouvernement a décidé de puiser dans les maigres ressources de l’Etat pour distribuer des prébendes sous forme de dons de vivres aux populations et de subventions a la Sonimex, une société publique tombée aux oubliettes depuis les premiers programmes d’ajustements structurel et qui refait surface comme la panacée du jour. Ce plan n’a pas dérogé à la règle. Son impact sur le terrain est peu significatif. Le Senat vient de designer une commission d’enquête pour en savoir plus. Les populations n’ont rien vu de substantiel. Les conditions de ménages continuent à se détériorer. Un autre plan vient d’être annoncé par le Président de la République. Prions pour qu’il ait plus de succès. L’administration sensée le mettre en ouvre reste minée par les dysfonctionnements structurels et gangrenée par la corruption. Affaire à suivre.
La corruption et la bonne Gouvernance
Le Gouvernement s’est fourvoyé des le début dans des refontes de structures maladroites et coûteuses qui l’ont épuisé au commencement. Il s’est par la suite enlisé dans la routine et a été incapable de se distinguer des Gouvernements qui l’ont précédé sauf par l’énormité des ses couts de structures. Le nombre de département ministériels s’est accru de plus de 20%. Les organigrammes des Ministères montrent une tendance générale à l’hypertrophie. On ne lésine pas sur la création des postes de chargés de mission, de conseillers, de directeurs et d’inspecteurs généraux, de directeurs et d’inspecteurs tout court. La Présidence a donné l’exemple, en nommant plus d’une vingtaine de conseillers dont on ne sait pas exactement le rôle dans l’architecture gouvernementale, certains d’entre eux exhibent des qualifications indéniables, d’autres sont bons a rien. Un exemple suivi par la primature et les différents départements ministériels comme si l’urgence est de caser les amis et/ou le trop plein d’alliés politiques. L’efficacité et l’efficiente peuvent attendre, elles ne paraissent pas à l’ordre du jour.
Les Ministres beaucoup moins accessibles que leur prédécesseurs de la transition militaire se sont rapidement inscrits dans la logique de j’y suis, j’en profite, n’associant que leurs amis et protégés et remettant à plus tard l’exigence d’utilité, de justice et d’équité dans la nomination aux emplois publics. Ils ont profité de la faiblesse des services de la Présidence, le cabinet en particulier, pour clairement abuser des pouvoirs qui leur ont été délégués dans la nouvelle approche de déconcentration chère au Président de la République. Les tentatives de mettre de l’ordre dans certains départements se sont limitées à des mesures formelles d’application de textes et n’ont que rarement touché à la racine du mal qui ronge les services publics. Des salariés se sont retrouvés au chômage et des fonctionnaires au carreau à l’issue de mesures administratives ou dominent la précipitation, l’improvisation et l’arbitraire sans aucune référence à une stratégie globale de reforme convaincante. La masse des mécontents s’est gonflée en si peu de temps obligeant le Président de la République à monter au créneau pour défendre une équipe Ministérielle dont la plupart de ses membres lui était inconnus avant leur nomination.
Sentant son état de grâce s’effriter et pour contrer les agitations dans les milieux de l’opposition démocratique visant a récupérer le malaise populaire grandissant, le Gouvernement n’a pas trouvé mieux que de mentir au peuple en soutenant abusivement par la voix de ces membres qui ont le plus d’autorité en matière d’économie que la conjoncture est bonne et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Des déclarations tonitruantes qui ont laissé sceptiques plus d’un tant elles contrastent avec les faillites en série des entreprises publiques, l’état délabré des services de l’Etat et les conditions insoutenables de la vie des ménages. Elles ont laissé un mauvais goût d’autosatisfaction et de suffisance, propre à une propagande officielle désuète, qui a certainement agacé et énervé une population fatiguée, pressée jusqu’aux limites du supportable par une situation économique et sociale difficile a laquelle elle ne voit pas d’issue.
Le Gouvernement a promulgué une loi sur la transparence financière. Malgré ses insuffisances, elle reste un pas significatif dans la bonne direction. Elle n’est cependant pas prise très au sérieux par les principaux concernés, en témoigne le dernier communiqué du Ministre de la Fonction Publique et la modernisation de l’Administration qui demande a ces derniers de se conformer a la règle avant le 30 Mars 2008, faute de quoi, leur nomination pourrait être révoquée. Les déclarations de revenus des hauts fonctionnaires sont entourées du plus grand secret comme si il y avait quelque chose d’impudique à rendre public un revenu bien acquis. Il va falloir modifier cette loi pour la rendre plus agressive dans le sens d’une transparence totale. Que ceux qui veulent servir la nation s’astreignent à ce minimum de visibilité qu’est la déclaration de leurs biens et les voies de leur acquisition.
Même s’il est indéniable que le pillage à ciel ouvert des deniers publics qui était en vigueur avant le 3 Aout 2005 et dans une moindre mesure durant la transition militaire n’est plus ce qu’il était, force est de constater que l’environnement dans lequel se sont développées ces pratiques déplorables reste pour une large part en place. Les contrôles administratifs et judiciaires demeurent très déficients. L’impunité continue à être la règle. Rien ne permet de dire qu’un pas irréversible a été franchi sur la voie de la sécurisation du patrimoine de l’Etat. Des affaires comme celle de la raffinerie de pétrole ont défrayé la chronique sans que les responsabilités soient clairement définies et sans que personne ne paye pour ses fautes. Une ambiance qui justifie toutes les craintes d’un retour programmée à la case départ, à cette conception patrimoniale de l’Etat, vache à lait pour les laudateurs et serviteurs des princes du moment.
Les nominations aux emplois supérieurs de l’Etat continue à être régis, à quelques exceptions prés, par les copinages, les affiliations politiques et la camaraderie. Le Gouvernement a promulgué un décret qui assujettit les nominations aux échelles intermédiaires de la hiérarchie administrative (directeur adjoint, chef de service, chef de division) a des critères d’ancienneté et de corps suivant une approche louable de soustraire ce genre de nomination de la pression des politiques. Sa conséquence la plus immédiate sera cependant de verrouiller cette partie de la chaine de commandement administratif sur les fonctionnaires recrutés le plus souvent suivant des procédures laxistes, voire irrégulières et en exclure pour de bon tous ceux qui n’ont jamais eu la chance de compétir aux emplois publics suivant des critères impersonnels de qualifications et d’aptitudes. Une manière pour le Gouvernement de faire porter à l’Etat le fardeau lourd du passif administratif légué par deux décennies de laisser aller, de clientélisme et de népotisme dans la Fonction Publique. Il aurait été plus juste d’entreprendre une large évaluation des personnels de l’Etat a travers des concours sérieux, de vérification de cursus scolaires et universitaires pour avoir la meilleure idée du potentiel existant et de ne faire entrer dans les corps de l’Etat, nouvellement constitués, que ceux qui ont fait la preuve de leur mérite.
Qu’il s’agit d’assurer la sécurité des biens et des personnes, de lutter contre la corruption, de rendre plus performants les outils de gouvernement, ou d’améliorer les services publics de base, les autorités nationales pêchent par manque de volontarisme et de courage. Leurs actions n’inspirent ni la confiance, ni l’adhésion et ne paraissent pas coordonnées. Il y a comme une vacance de pouvoir sur laquelle jasent tous ceux qui trouvent un malin plaisir à propager la rumeur sur les luttes de clans au sein du sommet de l’Etat. Le Président de la République parait confiné dans une citadelle assiégée par des loups qui ne veulent rien céder de leurs privilèges. Les hommes qu’il a sorti de l’ombre ne semblent pas en mesure de l’aider dans sa mission. Ceux qu’il a reconduits parmi les acolytes de ses prédécesseurs a la tète de l’Etat ne voient en lui qu’une parenthèse. Leur attention est déjà fixée sur le prochain chef de l’Exécutif qu’ils espèrent venir de la grande muette, le plus vite serait le mieux.
La Mauritanie ne peut faire l’économie d’une révolution, en douceur ou dans la peine, peu importe dans la manière dont elle est gouvernée. Le pays est menacé dans son existence. Le processus démocratique risque de capoter. Les institutions de l’Etat sont en complète déconfiture. Le projet d’Etat conçu et mis en chantier contre « vents et marrées » par Feu Moktar Ould Daddah et ses coéquipiers de la génération de l’indépendance se meurt sous nos yeux sans que les citoyens à titre individuels ou collectifs ne savent quoi faire pour sauver le plus grand acquis de la Mauritanie contemporaine.
Il y a un an, les mauritaniens ont fait confiance au Président de la République et l’ont investi de l’autorité suprême pour conduire la communauté nationale vers des lendemains meilleurs. Que des voix s’élèvent pour réclamer le retour de Ould Taya et que d’autres en appelle au sauveur Ely est en soi un indicateur du peu de progrès accompli durant cette première année de transition démocratique. Ceux qui gardent l’espoir continuent à croire qu’il ne s’agisse que d’un accident de parcours. Prions tous pour qu’il soit ainsi. Pour le premier Gouvernement de l’ère démocratique, l’échec n’est pas une option.
L'attaque terroriste d'Aleg
Déclaration
« C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. ». Verset 32 sourate Al-maida.
Aux environs d’Aleg, le 24 Décembre, à la veille de Noël et trois jours après Yom En’nahr, la plus grande des fêtes des musulmans, le 12 de Dhoul Hajja, l’un des quatre mois sacrés - où même en Arabie ante islamique en état de guerre permanent, les arabes anciens s’interdisaient tout recours à la violence par respect pour cette sacralité -, des individus se réclamant de l’Islam ont froidement assassiné quatre touristes français et en ont blessé un cinquième. Quelques jours plus tard, dans l’extrême nord du pays, des soldats mauritaniens sont attaqués sans provocation et tués. Le lien entre ces deux opérations meurtrières parait plus que probable. Clairement la Mauritanie est sous l’assaut d’une agression injuste perpétrée par des groupes violents, qui voient en nous le maillon le plus fragile d’une chaîne, peu ou prou, hors de leur portée. Notre pays se voit malgré lui, contraint de prendre part à une guerre qui n’est pas la sienne ; une guerre sans motivation valable, décidée hors de son territoire et à laquelle il ne veut guère prendre part.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis d’Amérique se joignent à leurs compatriotes dans ces moments de large communion pour condamner, sans appel, ces actes barbares moralement répréhensibles et contraires aux mœurs et croyances communément partagés par les Musulmans en général et les Mauritaniens en particulier. Ils expriment leur compassion pour les familles des victimes nationales et étrangères et apportent leur soutien total aux autorités démocratiquement élues de leur pays, dans les efforts qu’ils entreprennent contre cette montée brusque des violences dans le pays.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis appellent leurs compatriotes à s’unir et à mesurer à sa juste valeur la gravité de la situation. Nous avons affaire à des groupes fanatiques, idéologiquement alimentés par des Fatwas sans fondement, promues par des idéologues de la désespérance humaine et qui sont prisonniers d'une logique négationniste totalement incompatible avec le principe fondateur de l’Islam auquel se réfère le verset 256 de Sourate Al-Baghara « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Obedient et Omniscient. ». Notre Foi et nos convictions morales nous imposent de condamner et de combattre cette idéologie nihiliste. Il y va de notre avenir et de celui de l'humanité toute entière.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis se félicitent de la montée en première ligne des grands érudits pour rejeter catégoriquement et réfuter avec la force du savoir toute justification par l’Islam des actions dont notre pays a été victime. Ils leur demandent de persévérer dans cette voie pour que nos Mahadras et nos mosquées restent des lieux d’éducation spirituelle et morale, de propagation de l’Islam dans son interprétation originelle, celle des premiers siècles vertueux, loin des calculs opportunistes et de ces idées intruses de diabolisation de l’autre. Ce faisant, notre pays retrouvera sa place due dans le concert des nations et pourra ainsi participer légitimement aux efforts mondiaux entrepris par les Etats et les organisations de bonne volonté pour asseoir les conditions d’une paix durable entre les peuples, fondée sur la justice et la diversité. Il prendra aussi part au combat contre les fléaux de la pauvreté et des guerres et pour la légitime poursuite du bien-être humain.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis conseillent au gouvernement de leur pays de ne rien entreprendre qui puisse fragiliser le front intérieur et de résister à la confusion longtemps entretenue par les services de sécurité de notre pays durant la période totalitaire passée, entre les tenants d’un Islam politique inclusif non violent et ceux qui prêchent l’exclusion et la violence. Du respect de cette fine ligne de démarcation dépendra non seulement la victoire sur les promoteurs de la violence aveugle, mais aussi, la capacité de notre pays à jouer un rôle de leadership dans l’évolution des sociétés islamiques vers une modernité véritable, respectueuse de leur traditions et répondant à leurs besoins d'épanouissement. Ils demandent en particulier aux services de sécurité de faire preuve de rigueur et de professionnalisme dans le traitement des dossiers des présumés coupables, leurs complices et leurs maîtres à penser. La procédure judiciaire en vigueur doit être suivie en toute rigueur avec pour résultat final une application sans faille de la loi. Le recours à la torture, quelle que soit la gravite du crime reproché, sera non seulement contre-productif, mais pourrait aussi alimenter un cycle de violence qui ferait le jeu des agresseurs de nos paisibles contrées. La sérénité dans l’application de la loi sera le coup le plus efficace que l’Etat de Droit puisse porter à ces promoteurs de la violence aveugle.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis renouvellent leur confiance aux autorités élues de leur pays et leur apportent un soutien sans faille face aux défis du moment.
Les Signatures
1. Mohamed Ould Ahmed Ould Tolba ( Alexandria – Virginia )
2. Isselmou Ould Dellahy ( Chicago – Illinois )
3. Ba Ibrahima (Douleer, Collarado)
4. Mohamed Ould Sidi Haiba ( North Carolinia )
5. Tawal Oumrou Ould Baba ( New York )
6. Abdelbaghi Ould Siyam ( Florence – Kentucky )
7. Moussa Wone ( Alexandria – Virginia )
8. Mohamed El-Moctar El-Shinqiti ( Texas )
9. Mamadou Baro ( Arizona )
10. Mohamed Lemine Ould Bah ( Arlington , Virginia )
11. Nourou Touré ( Alexandria , Virginia )
12. Abou Diop ( New York )
13. Amr Ould Seibout ( New York )
14. Yahya Ould Loud ( New York )
15. Ayoub Cisse ( New York )
16. Sidi Mohamed Ould Hassana (Richmont – Virginia)
17. Ahmed Baba Ould Mohamed M’Barek (Louis-ville – Kentucky )
18. Sidi Ould Guaba (Cincinati – Ohio )
19. Yahoofdhou Ould Haimouda (Richmont – Virginia)
20. Mohamed Ould Mohamed Ely ( Petersburg – Virginia )
21. Ali Ould Elemine ( New York )
22. Maata Ould M’Boirick ( New York )
23. Abderahmane Ould Bellal( New York )
24. Lebat Ould Ahmed Lhoucein ( New York )
25. Khadim Ould Layhaidou ( New York )
26. Tijani Ould Sidi ( Washington DC )
27. Yahya Ould Abdi ( Washington DC )
28. Mohamed Ould Meneya ( Washington DC )
« C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. ». Verset 32 sourate Al-maida.
Aux environs d’Aleg, le 24 Décembre, à la veille de Noël et trois jours après Yom En’nahr, la plus grande des fêtes des musulmans, le 12 de Dhoul Hajja, l’un des quatre mois sacrés - où même en Arabie ante islamique en état de guerre permanent, les arabes anciens s’interdisaient tout recours à la violence par respect pour cette sacralité -, des individus se réclamant de l’Islam ont froidement assassiné quatre touristes français et en ont blessé un cinquième. Quelques jours plus tard, dans l’extrême nord du pays, des soldats mauritaniens sont attaqués sans provocation et tués. Le lien entre ces deux opérations meurtrières parait plus que probable. Clairement la Mauritanie est sous l’assaut d’une agression injuste perpétrée par des groupes violents, qui voient en nous le maillon le plus fragile d’une chaîne, peu ou prou, hors de leur portée. Notre pays se voit malgré lui, contraint de prendre part à une guerre qui n’est pas la sienne ; une guerre sans motivation valable, décidée hors de son territoire et à laquelle il ne veut guère prendre part.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis d’Amérique se joignent à leurs compatriotes dans ces moments de large communion pour condamner, sans appel, ces actes barbares moralement répréhensibles et contraires aux mœurs et croyances communément partagés par les Musulmans en général et les Mauritaniens en particulier. Ils expriment leur compassion pour les familles des victimes nationales et étrangères et apportent leur soutien total aux autorités démocratiquement élues de leur pays, dans les efforts qu’ils entreprennent contre cette montée brusque des violences dans le pays.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis appellent leurs compatriotes à s’unir et à mesurer à sa juste valeur la gravité de la situation. Nous avons affaire à des groupes fanatiques, idéologiquement alimentés par des Fatwas sans fondement, promues par des idéologues de la désespérance humaine et qui sont prisonniers d'une logique négationniste totalement incompatible avec le principe fondateur de l’Islam auquel se réfère le verset 256 de Sourate Al-Baghara « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Obedient et Omniscient. ». Notre Foi et nos convictions morales nous imposent de condamner et de combattre cette idéologie nihiliste. Il y va de notre avenir et de celui de l'humanité toute entière.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis se félicitent de la montée en première ligne des grands érudits pour rejeter catégoriquement et réfuter avec la force du savoir toute justification par l’Islam des actions dont notre pays a été victime. Ils leur demandent de persévérer dans cette voie pour que nos Mahadras et nos mosquées restent des lieux d’éducation spirituelle et morale, de propagation de l’Islam dans son interprétation originelle, celle des premiers siècles vertueux, loin des calculs opportunistes et de ces idées intruses de diabolisation de l’autre. Ce faisant, notre pays retrouvera sa place due dans le concert des nations et pourra ainsi participer légitimement aux efforts mondiaux entrepris par les Etats et les organisations de bonne volonté pour asseoir les conditions d’une paix durable entre les peuples, fondée sur la justice et la diversité. Il prendra aussi part au combat contre les fléaux de la pauvreté et des guerres et pour la légitime poursuite du bien-être humain.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis conseillent au gouvernement de leur pays de ne rien entreprendre qui puisse fragiliser le front intérieur et de résister à la confusion longtemps entretenue par les services de sécurité de notre pays durant la période totalitaire passée, entre les tenants d’un Islam politique inclusif non violent et ceux qui prêchent l’exclusion et la violence. Du respect de cette fine ligne de démarcation dépendra non seulement la victoire sur les promoteurs de la violence aveugle, mais aussi, la capacité de notre pays à jouer un rôle de leadership dans l’évolution des sociétés islamiques vers une modernité véritable, respectueuse de leur traditions et répondant à leurs besoins d'épanouissement. Ils demandent en particulier aux services de sécurité de faire preuve de rigueur et de professionnalisme dans le traitement des dossiers des présumés coupables, leurs complices et leurs maîtres à penser. La procédure judiciaire en vigueur doit être suivie en toute rigueur avec pour résultat final une application sans faille de la loi. Le recours à la torture, quelle que soit la gravite du crime reproché, sera non seulement contre-productif, mais pourrait aussi alimenter un cycle de violence qui ferait le jeu des agresseurs de nos paisibles contrées. La sérénité dans l’application de la loi sera le coup le plus efficace que l’Etat de Droit puisse porter à ces promoteurs de la violence aveugle.
Les Mauritaniens vivant aux Etats-Unis renouvellent leur confiance aux autorités élues de leur pays et leur apportent un soutien sans faille face aux défis du moment.
Les Signatures
1. Mohamed Ould Ahmed Ould Tolba ( Alexandria – Virginia )
2. Isselmou Ould Dellahy ( Chicago – Illinois )
3. Ba Ibrahima (Douleer, Collarado)
4. Mohamed Ould Sidi Haiba ( North Carolinia )
5. Tawal Oumrou Ould Baba ( New York )
6. Abdelbaghi Ould Siyam ( Florence – Kentucky )
7. Moussa Wone ( Alexandria – Virginia )
8. Mohamed El-Moctar El-Shinqiti ( Texas )
9. Mamadou Baro ( Arizona )
10. Mohamed Lemine Ould Bah ( Arlington , Virginia )
11. Nourou Touré ( Alexandria , Virginia )
12. Abou Diop ( New York )
13. Amr Ould Seibout ( New York )
14. Yahya Ould Loud ( New York )
15. Ayoub Cisse ( New York )
16. Sidi Mohamed Ould Hassana (Richmont – Virginia)
17. Ahmed Baba Ould Mohamed M’Barek (Louis-ville – Kentucky )
18. Sidi Ould Guaba (Cincinati – Ohio )
19. Yahoofdhou Ould Haimouda (Richmont – Virginia)
20. Mohamed Ould Mohamed Ely ( Petersburg – Virginia )
21. Ali Ould Elemine ( New York )
22. Maata Ould M’Boirick ( New York )
23. Abderahmane Ould Bellal( New York )
24. Lebat Ould Ahmed Lhoucein ( New York )
25. Khadim Ould Layhaidou ( New York )
26. Tijani Ould Sidi ( Washington DC )
27. Yahya Ould Abdi ( Washington DC )
28. Mohamed Ould Meneya ( Washington DC )
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