Wednesday, April 30, 2014

Mon avis aux dialogueurs de la république Islamique de Mauritanie



Le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, ne mettra pas son fauteuil présidentiel en jeu au moment où rien ne l’y oblige.  Aucun président, fusse il « le père de la nation » ne l’a fait avant lui sauf contraint et obligé par la force des armes, je dis bien les armes et pas le peuple, ni a fortiori la loi et les urnes. La politique étant l’art du possible, je conseille à nos hommes politiques d’être pragmatiques et d’œuvrer à la consolidation des acquis - maigres soient-ils - au lieu de les fragiliser par des logiques maximalistes qui ont peu de chance d’aboutir.

Aussi, je recommande au Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) de mettre sur la table des négociations en cours son potentiel soutien pour le Président Aziz pour un second mandat en contrepartie de sa participation au gouvernement. Cela me parait plus conforme à l’enjeu du moment car je ne vois pas ce que l’opposition gagnerait dans un boycott sans effet ou dans le meilleur des cas dans une participation à une élection même transparente qu’elle perdra surement pour in fine crier au holdup électoral et on revient à la case du départ. Il faut rompre ce cercle vicieux et ce que je propose me parait être la meilleure voie pour cette rupture.

Ce que le FNDU réclame, d’ailleurs légitime à plus d’un égard,  n’est pas moins qu’un programme de gouvernement. Est-il en effet possible d’assurer la neutralité en quelques mois d’une administration, truffée d’incompétents et d’arrivistes rompus aux tactiques politiciennes, et  habituée depuis des lustres a l’inféodation au prince du moment ? Cette question est aussi valable pour le pouvoir judiciaire qui contrôle en dernier recours le processus électoral et la commission Electorale Independent qui en assure l’exécution. Et pas de n’importe gouvernement car ces questions mettent en jeu des intérêts colossaux en même temps qu’une culture enracinée que seul un gouvernement disposant d’une large assise populaire peut tacler.

Une telle stratégie donnerait un sens réel au dialogue en cours et offre une sérieuse chance de pacifier une scène politique dont l’incessant tourbillon enferme notre pays dans une spirale d’inaction sur les questions de fonds comme l’éducation et la santé, l’économie et la bonne gouvernance.   Les négociations tourneront alors autour d’un programme de gouvernement auquel les partis de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) peuvent souscrire et participer à sa mise en exécution.  Je dis bien les partis de la COD car je crois que Tawasoul doit rester dans l’opposition auréolé qu’il est par sa fraiche performance électorale pour diriger l’institution de l’opposition. L’Assemblée Nationale actuelle ne sera pas dissoute. D’ailleurs, l’octroi au président de la République du pouvoir de dissoudre un organe législatif sensé être n’a pas de sens à mon avis mais la France parait être le modèle en la matière pour nos éminents constitutionalistes.

Un accord dans ce sens entre pouvoir et opposition permettra à notre pays l’économie d’une élection présidentielle sans véritable enjeu et à notre classe politique de se préparer dans un climat apaisé aux futures échéances électorales et à notre gouvernement d’entreprendre les réformes institutionnelles de fonds pour créer les conditions durable de progrès économique et de cohésion sociale. Le Président de la République sortira grandi d’un tel accord car non seulement il pourra gouverner avec un large appui politique mais aussi se prévaloir devant l’histoire d’une image de rassembleur qui jusque-là lui a fait défaut.

Friday, September 27, 2013

Aristocratie militaire en gestation



J’ai lu une information sur le site Essiraj http://www.essirage.net/index.php/news-and-reports/13783-2013-09-27-08-12-37.html selon laquelle Ould al-Ghazwani et ses compères a la tête de la hiérarchie militaire ont non seulement coopté leur propres fils aux grades supérieurs de l’armée mais aussi les préparent à leur succession en leur réservant les meilleures bourses de formation a l’étranger.  Une aristocratie militaire est entrain de prendre forme malgré les origines maraboutique de son designer. L’armée républicaine, modèle de méritocratie et de mobilité sociale, n’est pas pour demain et avec elle la démocratie, la justice sociale et l’état de droit car une aristocratie par définition, n’a au plus que paternalisme pour le peuple, si ce n’est arrogance et dédain.  Au moment ou notre classe politique se prépare a un dialogue national inclusif, ce genre de pratiques est une insulte aux hommes de conscience.

Monday, April 29, 2013

Ma lettre au President


A Monsieur le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz

Depuis quinze ans, je me bats pour la réhabilitation du Lycée National. Je dédis le gros de mon temps,  en dehors des mes obligations familiales et professionnelles, a ce combat que je crois utile a mon pays. Notre capitale mérite, a mon avis, un grand lycée dans lequel un nombre significatif de jeunes Mauritaniens, pas nécessairement ceux qui en ont les moyens financiers et les dispositions sociologiques, accèdent a une éducation secondaire de qualité. Je crois aussi que le Lycée National, de part son emplacement, son histoire, et la place qu’il occupe dans le cœur de beaucoup de ceux qui l’ont fréquenté, peut tout à fait jouer ce rôle. Mais une main invisible s’acharne à le détruire comme elle l’a fait pour un autre symbole (le lycée de Rosso) de l’école Mauritanienne postindépendance.

Je vous écris parce que je sens que vous êtes mon dernier recours face à cette main invisible que j’ai essayé de combattre de toutes mes forces sans succès. J’ai initié des pétitions et organisé des rencontres pour sensibiliser sur l’importance de réhabiliter le Lycée National dans l’espoir que des personnes d’influence, de votre entourage ou non, prennent le sujet a bras le corps et le place au centre des priorités de votre gouvernement. J’en ai parlé à votre Premier ministre, à vos ministres de l’Education nationale, à des députés de votre majorité et a beaucoup d’autres mais tous, malgré les encouragements d’usage, semblent se résigner au fait accompli.  

En 2011, sentant la fin proche du règne de Mu’ammar al-Ghadhafi, j’ai fait circuler une pétition demandant a votre gouvernement de dénoncer l’acte de cession du patrimoine foncier du Lycée National a la Libye et de rétablir cet établissement dans son domaine en rénovant ses infrastructures pour en faire, à nouveau, un pôle d’excellence. Bien que cette pétition fût signée par un nombre important de personnalités et d’acteurs de la société civile, elle est restée sans suite. Le gouvernement a toutefois repris le patrimoine foncier cédé a la Libye mais apparemment pour d’autres fins.

Le gouvernement aurait en effet lancé des appels d’offre pour la construction de bureaux administratifs pour une administration dont la prolifération des structures n’a apparemment pas de limite. Il s’agit d’une décision vraiment décevante, œuvre de bureaucrates plus intéressés à élargir leurs bureaux pour élever leur statut qu’à servir des citoyens. Elle s’inscrit, de toute façon, en porte-à-faux par rapport a votre ordre en 2008 de transformer impromptue la résidence du Premier ministre, nouvellement rénovée et élargie, en clinique au profit des femmes et des enfants. Je vous demande, pour le seul bien des jeunes Mauritaniens et la crédibilité de l’Etat aux yeux des citoyens, d’ordonner l’arrêt immédiat de ce projet et la réaffectation de ses ressources a la construction d’infrastructure scolaires digne de ce nom sur le domaine initial du Lycée National.

Monsieur le Président,
Vous ferez du bien a votre pays en permettant la construction au cœur de la capitale d’un grand établissement d’enseignement secondaire ou mille a deux milles élèves de toutes les régions, ethnies et couches socio-économiques de la Mauritanie viendront passer trois ans pour s’instruire mais aussi se connaitre and lier ces amitiés d’enfance qui résistent aux frustrations de la vie. Notre pays a besoin de former une élite du future bien éduquée et capable de se comprendre et de travailler ensemble pour le bien commun. Il n’y a pas mieux que le cœur de notre capitale, prés des quartiers administratifs et des centres de décision, pour incuber cette élite du future qui constitue le seul rempart a la désintégration sociale qui menace notre pays.

Monsieur le Président,
Il faut finir et le plus vite avec notre modèle d’éducation actuel qui érige une ségrégation de fait entre riches et pauvres, mais aussi et peut être surtout entre les différentes composantes de notre peuple avec les conséquences que chacun peut deviner sur le futur de la cohésion du tissu social. Une ségrégation qui s’ajoute a une autre, encore vivace, produite par la reforme de 1979 qui a placé la question de l’identité ethnique et des langues nationales au cœur du débat sur l’éducation, rendant ce dernier plus sentimental et idéologique que rationnelle et méthodique et reléguant la question importante de l’offre d’une éducation de qualité aux oubliettes. C’est ainsi que depuis 1979 pas un grand établissement d’enseignement secondaire digne de ce nom n’a été construit dans notre pays. La profession d’enseignant a été avilie et l’acquisition des savoirs a cessé d’être un moteur de développent et de promotion sociale. Le système éducatif s’est progressivement transformé en machine de production d’analphabètes ou d’alphabètes incapables de s’insérer des les circuits modernes de production de la valeur. Il a en outre produit une élite fragmentée, incapable de s’entendre sur des normes et procédures communément admises pour la de gestion des conflits et la sauvegarde des équilibres sociaux et économiques.

Monsieur le Président,
Il est temps de s’occuper sérieusement de notre jeunesse et lui offrir les outils cognitifs qui lui permettent de dépasser la dichotomie entre tradition et modernité, langue nationale versus langue étrangère et moi versus les autres pour donner une chance aux Mauritaniens de se comprendre entre eux et avec les autres et de contribuer positivement au bien être individuel et collectif. La paix sociale et l’amitié entre les peuples en dépend. Cela est possible. Ce n’est certainement pas une question de moyens.

 En 1960, la Mauritanie était beaucoup plus pauvre que maintenant. Le budget de l’Etat et des ménages étaient loin, très loin, en nominal et en valeur des sommes faramineuses que les institutions publiques et les plus nantis de nos concitoyens brassent aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas empêché les autorités de l’époque de voir grand et d’investir en priorité dans le futur. Le Lycée National fut doté de plus grand domaine foncier de l’époque et parce que l’Etat ne disposait pas d’un corps d’enseignant qualifiés, des professeurs et des proviseurs ont été importés de l’étranger pour s’assurer que les jeunes Mauritaniens reçoivent une éducation qui n’a rien a envier a celle offerte dans la sous-région. Le résultat a été que les jeunes Mauritaniens ont excellé dans les universités régionales et réussi à intégrer les grandes universités occidentale jusqu’aux années 90 avant que la reforme de 1979 ne fasse ses effets dévastateurs sur l’école Mauritanienne.

Monsieur le Président,
Vous avez visité le Lycée National durant l’une de vos descentes sur le terrain et, je suis sur, constaté par vous-même l’état pitoyable des conditions d’études et d’encadrement dans cet établissement, devenu méconnaissable pour ceux qui l’ont fréquenté dans les années 80 et avant. Cela fait mal au cœur. Il est vrai que le Lycée n’est plus fréquenté par les enfants nantis de la capitale, ni même  de la petite class moyenne pour qui les prix exorbitants de ces établissements français et turcs sont inabordables. Personne ne s’aventure plus à envoyer ses enfants dans l’école publique que ceux qui n’ont pas d’alternative, les plus pauvres parmi les pauvres. Et ceux-là peuvent être laissés à leur triste sort ! 

Monsieur le Président,
On vous a déclaré le Président des Pauvres et beaucoup veulent bien y croire tant est grande la demande populaire pour des dirigeants qui prennent en compte, dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques, les besoins réels des populations. Sachez Monsieur le Président qu’aujourd’hui en Mauritanie, il n’est pas bien d’être pauvre et surtout enfant de pauvre tant les perspectives en matière d’éducation et de mobilité sociale sont presque inexistante. Et après on s’étonne du développent de l’extrémisme et de l’intolérance et les dérives violentes tant au niveau individuel que collectif observées ces dernier temps dans un pays ou il n’y a pas très longtemps les habitants dormaient dans la rue en toute tranquillité sans crainte d’être perturbés dans leur sommeil par quoi que ce soit a part les muezzins et les coqs au levée du jour.

Qu’Allah protège la Mauritanie.

Thursday, January 31, 2013

L’acharnement des autorités contre Wul Bu’amatu devrait nous laisser de marbre


L’élite politique et médiatique s’est encore une fois solidarisée avec un richissime homme d’affaire présenté comme un vertueux self-made man dont la fortune colossal est le fruit du labeur, comme si les Mauritaniens étaient tous des incrédules pour qui toute fortune, même mal acquise, est digne de respect et participe au développement du pays. Wul Bu’amatu n’est pas a ce que je sache parmi ses marchants vertueux, d'ailleurs inconnus chez nous qui se traquassent pour approvisionner les marchés locaux en denrées de première nécessité a des prix a la portée des petites bourses. Il ne se rappelle pas aussi a la conscience collective pour avoir investis dans des activités économiques génératrices de revenus pour un grand nombre de Mauritaniens. Si cela avait été le cas, beaucoup lui auraient témoigné leur sincère sympathie et soutien pour leur avoir permis de pourvoir à leurs besoins fondamentaux et sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de l’ignorance.

Mais les bienfaits de Wul Bu’amatu se limitent aux acolytes et aux complicités dans les entreprises criminelles de détournements et d’appropriation des deniers publics qui pullulent et dominent dans une société corrompue par l’argent facile mal acquise comme la notre. Aussi, les dirigeants des partis politiques et les « écrivains-journalistes » ont multiplié les déclarations publiques de soutien à l’homme contre ce qui est présenté comme un acharnement des autorités contre un acteur essentiel de l’activité économique. Même le parti Tawasoul dont l’orientation islamique aurait dû distancer des « mangeurs du riba (prêts usuriers)» auquel Allah a déclaré la guerre s’est mis de la partie. Il est vrai que son chef spirituel avait en son temps joué les bons offices dans une autre affaire ou d’eminents richissimes ont subtilisé des milliards a la collectivité et s’en sont sortis indemnes grâce a la solidarité de nos biens pensants qui tirent a boulets rouges quand l’un de leurs bailleurs de fonds a maille avec le pouvoir.

Wul Bu’amatu et nos hommes d’affaires en général ne méritent pas cette solidarité. Ils n’ont jamais véritablement crée de richesses mais plutôt utilisé les subterfuges de l’économie marchande pour extorquer des fonds colossaux a la collectivité parfois dans l’illégalité absolue, souvent au mépris de l’intérêt général. Dans les années 80, au moment ou les comités militaires, étranglés par la mauvaise gestion, enterraient les derniers restes de l’Etat-providence, sous les ordres rigides et sévères de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, Wul Bu’amatu arnaquait des pauvres gens, laissés a leur triste sort par un Etat qui n’était plus que l’ombre de lui-même, en organisant des loteries illégales ou des incrédules mal nourris achetaient ses sacs de bonbons, sans valeur nutritives, dans l’espérance de gagner un hypothétique billet pour les lieux saints. Wul Bu’amatu s’offrait a l’occasion les services d’un théologien pour la circonstance pour convaincre les incrédules qu’il s’agit d’une opération religieusement correcte, sinon de bienfaisante.

Wul Bu’amatu s’est ensuite investi dans la vente de substances nocives telles les cigarettes et les condiments mal fabriqués dans un pays dépourvu  de capacités institutionnelles pour réglementer le commerce et éviter que les marchands vereux ne vendent n’importe quoi a n’importe qui. Il a été en quelque sorte le précurseur de ces marchands sans scrupules qui amassent beaucoup d’argent en vendent des aliments et médicaments périmés ou même des stupéfiants, au mepris des dégats qu'ils causent a la collectivité. Probablement plus futés que ses concurrents, il a innové dans la promotion publicitaire et ce faisant a fait plus de dégâts que les autres en convaincant nos concitoyens de consommer maggi  en grande quantité et fumer beaucoup de cigarettes. L’endémie des cancers et maladies cardiovasculaires observée ses dernières années dans notre pays prouve tristement qu’il a réussi son commerce mais la collectivité croupit sous le poids des soins couteux et inexistant. Wul Bu’amatu est généreux d’après ceux qui le connaissent et donne volontiers de son immense fortune a ses acolytes et ceux dont il veut acheter la conscience mais a ma connaissance, il n’a pas utilisé une partie de ses profits pour construire des centres de santé ou même d’éducation contre les effets des substances nocives qu’il a contribué à répandre dans notre société.

Il a certes construit un hôpital pour les soins ophtalmologiques et je dois reconnaitre pour avoir visité cette installation pour soigner ma maman victime de ce qui apparentait comme une erreur médicale de l’un pourtant de nos célèbres professeurs, Sidi Ely Wul Ahmedou, a l’époque contractuel avec la dite clinique, que j’ai été impressionné par la qualité du service. J’ai même tenté de donner un tips  a l’agent de l’accueil tellement sa gentillesse et sa disponibilité contrastait avec l’humeur massacrante des agents de santé dans les installations médicales dans notre pays. Mais l’agent m’a poliment indiqué qu’il ne prendra rien. J’ai appris par la suite par l’un des associés de Wul Bu’amatu qu’il s’agit de consignes claires de la direction. L’image de l’homme d’affaire s’est considérablement améliorée a mes yeux mais le logo des grandes marques de cigarettes a l’entrée de la clinique était la pour rappeler que l’homme fait partie du réseau mondial de la vente de ces substances nocives, vilipendé dans les grands pays développés pour les dégâts qu’ils causent surtout parmi les plus démunis, mais qui se déploie a merveilles sur les espaces de misères ou la conscience du mal que les marchands de cigarettes causent a l’homme est encore peu développée.

Je sais que ni le directeur des Impôts, ni le Gouverneur de la Banque Centrale n’agissent pour l’intérêt général. La fonction publique a depuis longtemps cessé de défendre le bien commun et les hauts fonctionnaires, tout le monde le sait, allient généralement l’incompétence au service aveugle aux princes du moment, dans le cas présent, Mohamed Ould ‘Abd al-‘Aziz et la cohorte de ceux connus ou inconnus qui tirent les ficelles du pouvoir. Ould ‘Abd al-‘Aziz a apparemment un problème avec « son cousin » comme il en avait avec les hommes d’affaires impliqués dans l’affaire des dix sept milliards subtilisés a la banque centrale sans contrepartie. Il veut lui régler ses comptes, probablement plus pour l’intimider qu’autre chose, car dans notre pays, seuls les faibles et les pauvres payent pour leurs forfaitures. Les motivations de Ould 'Abd al-Aziz sont personnelles et n'ont rien a avoir avec l'interet général parce que sinon il n'aurait pas en 2009 descerné la medaille de chevalier de la legion d'honneur a un fraudeur du fisc comme le suggere le directeur des Impots. 

Mais si Ould ‘Abd al-‘Aziz veut règler ses comptes Wul Bu’amatu, cela devrait nous laisser de marbre. Il s’agit de ces coups que les associés dans la malfaisance se donnent aux moments de colère mais qui sont généralement vite oubliés quand les bons offices des bienpensants se mettent en jeux. Pour moi et les frustrés de ma sorte au regard de l’omerta qui entoure les détournements des biens publics et l’enrichissement illicite qui écrasent les pauvres et leur dénient l’espoir d’un monde meilleur — il suffit de voir l’état de nos écoles publiques — je savoure ces moments ou le Chef de l’Etat reprend d’une main ce que lui-même ou l’un de ces prédécesseurs a donné d’une autre, parce que tout simplement j’y sens une sorte de justice de la Providence qui nous rappelle que l’impunité, régit en valeur dans notre pays, n’est pas la règle naturelle et que, comme nous enseignent les Prophètes, Peace be upon them, chacun payera un jour de ses fautes, tôt ou tard.

Friday, November 9, 2012

American democracy


Tuesday, November 6, 2012, I voted for the first time in an election whose results are not likely to be rejected by the unfortunate candidate. For a Mauritanian who has never had such an experience in his life even if he approaches his fifties, the event was historic. That day, I wake up a little earlier than usual and before going about the daily routine of a metropolitan job, I took my voter card, which I received by mail few weeks earlier, and headed to the nearest High School where the pool are taking place. As this was my first vote in an American election, I was a little anxious, out of for fear of one of those errors that prevent the vote from being counted. Sudden thoughts of stripping ballots during the 2009 presidential election in Washington where I represented the candidate Mes'ud Wul Bulkhayr and the relatively high number of ballots rejected for non-compliance with established procedures, especially among the votes for Ahmed Wul Daddah which are supposed to take the election seriously, reminded me of such possibility. As the election is very competitive in Virginia, my first vote has to count.

When I get to the high school, I was greeted at the door by two people who were distributing leaflets, as, unlike Mauritania, the campaign in the United States stops only when the results are announced. One of the two people offered me a yellow paper prepared by the campaign of the Democratic Party, which explains the voting procedure and provides the names of its candidates. I took it because I intend to vote for their candidates. In the United States of America, all elections whether federal, State, or local, occur at the same place and on the same day, the Tuesday following the first Monday of November, throughout the U.S. territory. So I had to vote, not only for the President, but also a senator and a member of the House, as well as answer yes or no to four referendum questions, three of them concern the local level, Fairfax County, and one is an amendment of the Constitution of Virginia, the state where I call home. As I intend to vote for Democratic candidates, the paper gives me their names and the party’s opinion on the referendum questions.

This is an opportunity to point out the influence of bipartisanship on the American political system. It is rare indeed that Independents force their way in a country where politics is not at the center of citizens’ concerns and where it takes a lot of money and a powerful political machine to win elections. Like me, many Americans will vote for the candidate of a party without necessarily reading their program and inquire about what he/she thinks unless he/she does something stupid in the media that makes him/her infamous. Many candidates have learned it the hard way this year, especially in the Republican camp on issues of abortion and women's rights.

When I enter the building, I appreciated the warmth of the place, an icy wind make the outside particularly cold. But the line was already long. High School students were taking advantage, selling coffee for a dollar a cup. I took one cup to warm up and began to read the yellow paper that locates the names of my preferred candidates on the ballot. The line moved slowly and it took more than three quarters of an hour, largely enough to read the latest issue of Time magazine that I brought with me and mostly devoted to the election. Finally, I came at the door of the room where the vote is taking place. I recognized the gymnasium, which I visited, a year ago, to assist to the teacher-parents conference, my daughter Fatima being a student at the school.

Before entering the room, a lady came to show us a chart on the billboard on my right explaining the voting process and to remind us of presenting an ID card. As I had my voter card in hand, I took out my driver license but the lady hastened to tell me that the voter card is enough, even though it does not have my photo. The Pavlov instinct helping, I instantly thought of fraud’s possibilities that the GOP (Republican Party) often cites to justify its requests for strengthened controls on voting. But, independent investigations have never established a significant level of fraud in American elections that would justify a change in procedures that, it must be acknowledged, are simple and without these bunches of controls well known to us in Mauritania. This is the benefit of trust, I said to myself.

I enter the room with few people. Five members of the Independent Electoral Commission which oversees elections were in face of us, using computers to verify the identity of voters. As soon as my turn comes, one of them makes me sign to come forward. I handed her my voter registration card that she verifies by typing my name on the keyboard. She asked me to tell her my name and address, which I promptly did. That's all it takes to verify my identity. She then asks me if I want to vote manually or electronically. I choose the first method which in my mind will disappear sooner or later as the intelligent machine extends its field of human activity. She showed me a table, two or three meters far to the left, on which are placed yellow folders containing the ballot. I take one and head to the opposite side of the gymnasium, to the voting booth. In fact, it is not strictly speaking a booth but a few desks arranged with chairs on which voters sit the check the needed boxes on the ballot. The discretion of the vote is carried out by small cubic boxes placed on the tables. I took one of the pens placed on the table and check the following: Obama for President, Kaine for Senator, Moran for the member of the House, and for the referendum questions, I vote for the Democratic platform indicated in the yellow paper, which I still had in hand.

I let my ballot slip in the ballot-box and the lady in charge congratulated me for having accomplished my civic duty while handing me a sticker which says "I voted" on a U.S. flag background U.S. and showing me the way out. I put the sticker on my shirt immediately and headed for the workplace. When I arrived at the office, the guard posted at the entrance - a safety routine in America since September 2001 – congratulated me at the sight of the sticker, proof that civic duty is taken seriously in this country, despite the low level of politicization of its citizens and the discredit of the political elite in the eyes of many.

In the evening, I find myself with Sidna, a Mauritanian American like me, who lives in the same area, to watch the election results. From the first hours, the mood was favorable to President Obama and the Democratic Party in general, mainly for reasons of demographic changes. New Americans, as Sidna and I, are increasing at a higher proportion of the total population, and vote in general for Democrats, perceived as more open and responsive to their concerns. Around 23h to 30, most of the results were known. President Obama is elected for a second term, the Democratic Party strengthened its majority in the Senate, but the Republicans have retained control of the House of Representatives. Mitt Romney, the unfortunate Republican candidate, congratulated the re-elected President, as it is the tradition in this country, where after an election campaign, where all shots are allowed, the nation must reunite.

President Obama will be in charge for the next four years, unless prevented by illness, death, or decision of Parliament for high treason or obstruction to justice, all of them highly improbable. Generals of the most powerful army in the world will be under his command and none of them will think of making a coup d’état - this never happened after more than two centuries after the oldest written constitution in the world was promulgated.

The President will not be, however, an absolute ruler. Congress will be watching closely and can at will make his life miserable. The Constitution of the United States of America has established a clear separation of executive, legislative and judicial system and a single mutual control, check and balance, which allows each of the three powers of control over others. Thus bills whose initiative and vote are the responsibility of Congress can not be enacted into law without the consent of the President who must sign them before becoming the laws of le land. Congress can in its turn paralyze the President by refusing appropriations, including salaries of civil servants, and senior appointments in the administration. Judges, in their part, are irremovable and their judgments stems only from their conscience and their interpretation of the Constitution. Judges are appointed by the President, but their nomination must be approved by the Senate, as indeed for all senior positions in the administration.

La démocratie américaine


Mardi 6 Novembre 2012, j’ai voté pour la première fois dans une élection dont les résultats ne risquent pas d’être rejetés par le malheureux candidat. Pour le Mauritanien que je suis qui n’a jamais vécu une telle expérience dans sa vie même s’il approche la cinquantaine, l’événement était historique. Je me réveille donc un peu plutôt que d’habitude et avant de vaquer à la routine quotidienne du métro-boulot, je me munis de ma carte d’électeur que j’ai reçu par voie postale quelques semaines auparavant et me dirige vers le Lycée du quartier pour voter. Comme c’est la première fois que je vote dans des élections Américaines, j’étais un peu anxieux de peur de faire l’une de ces petites erreurs qui empêchent le vote de compter. L’élection étant très serrée en Virginie, je tenais à ce que ce premier vote compte. J’ai soudainement pensé au dépouillage des bulletins durant l’élection présidentielle de 2009 à Washington ou je représentai le candidat Mes’ud Wul Bulkhayr et le nombre relativement élevé des votes rejetés pour non respect des procédures, surtout parmi les votes pour Ahmed Wul Daddah, qui sont sensés prendre l’élection très au sérieux. J’en ai déduit qu’il faut garder son calme et arriver au lieu en pleine capacité de mes facultés mentales.   

Quand j’arrive au Lycée, je suis accueilli à la porte par deux personnes qui distribuaient des tracts de campagne comme quoi aux Etats-Unis la campagne ne s’arrête que par la proclamation des résultats. L’une des deux personnes me propose un papier jaune, préparé par la campagne du parti Démocrate, qui explique la procédure de vote et fournit les noms de ses candidats. Je le prends car j’ai l’intention de voter pour leurs candidats. Aux Etats-Unis d’Amérique, toutes les élections qu’elles soient fédérale, locale, ou au niveau intermédiaire des Etats se déroulent à la même place et le meme jour, le Mardi suivant le premier Lundi du mois de Novembre, sur tout le territoire des Etats Unis. J’avais donc à voter, non seulement pour le Président, mais aussi pour un sénateur et un député et répondre par oui ou non à quatre questions référendaires, trois d’entre elles concernent le niveau local, Fairfax County, et une relative à un amendement de la constitution de Virginie, l’Etat ou j’ai élu domicile. Comme j’ai l’intention de voter pour les candidats Démocrates, le papier me donne leurs noms ainsi que l’avis du parti sur les questions referendaires.

C’est l’occasion de signaler l’emprise du bipartisme sur le système politique Américain. Il est rare en effet qu’un indépendant fraye son chemin dans un pays ou les citoyens n’ont pas que la politique à faire et ou pour se faire connaitre il faut beaucoup d’argent et une puissante machine électorale pour gagner des élections. Comme moi, beaucoup d’américains voteront pour le candidat d’un parti sans nécessairement lire son programme ni s’enquérir de ce qu’il pense à moins qu’il ne fasse une bêtise médiatique qui le rend tristement célèbre. Beaucoup de candidats l’ont appris à leur dépend cette année, surtout dans le camp Républicain sur les questions d’avortement et de droit des femmes.

Quand je rentre dans le bâtiment, j’apprécie la chaleur de l’endroit après le vent glacial de la rue. Mais la queue était déjà longue. Des Lycées en profitent pour vendre du café chaux pour un dollar le verre. J’en prends un pour me réchauffer davantage et commence à lire attentivement le papier jaune. Je découvre les noms et l’emplacement sur le bulletin de vote de mes candidats de préférence. L’attente dure plus de trois quarts d’heure beaucoup plus qu’il ne faut pour lire le dernier numéro de Time magazine que j’ai apporté avec moi et dont une grande partie est consacrée à l’élection. Enfin, j’arrive à la porte de la salle ou se déroulent les opérations électorales.  Je reconnais le gymnasium du Lycée que j’ai visité il y a un an, accompagnant ma fille Fatima pour la rencontre biannuelle entre professeurs et parents d’élèves.

Avant de rentrer dans la salle, une dame vint nous montrer un diagramme sur le panneau d’affichage à ma droite expliquant le procédé du vote et nous rappeler de se munir d’une carte d’identification. Comme j’avais ma carte d’électeur à la main, je sortis ma carte d’identité mais la dame s’empressa de me dire que la carte d’électeur suffit, même si ma photo n’y figure pas. L’instinct de Pavlov aidant, j’ai instantanément pensé aux possibilités de fraudes que le parti républicain mentionne souvent pour justifier ses demandes de contrôles plus renforcés sur les opérations de vote. Mais les enquêtes indépendantes n’ont jamais établie un niveau significatif de fraude aux élections américaines qui justifierait un changement de procédures qui, il faut bien le reconnaitre, sont simples et dépourvus de ces tas de contrôles bien connus chez nous en Mauritanie.  C’est la rente de la confiance, me dis-je.

Je rentre dans la salle avec quelques personnes. Cinq agents de la commission électorale indépendante qui supervise les élections nous font face. Ils utilisent des ordinateurs pour vérifier l’identification des électeurs. Des que mon tour arrive, l’une d’elle me fais signe d’avancer vers elle. Je lui tends ma carte d’électeur qu’elle vérifie en tapant mon nom sur le clavier. Elle me demande de lui dire mon nom et adresse, ce que je fais naturellement. C’est tout ce qu’il faut pour vérifier mon identité. Elle me demande ensuite si je veux voter manuellement ou de manière électronique. Je choisis la première méthode qui dans mon esprit disparaitra très prochainement à mesure que les machines intelligentes étendent leur domaine sur les activités humaines. Elle me montre une table à deux ou trois mètres à sa gauche sur laquelle se trouvent des chemises jaunes contenant le bulletin de vote. J’en prends une et me dirige vers le coté opposé du gymnasium, vers l’isoloir. En fait, il ne s’agit pas d’un isoloir à proprement parler mais de quelques tables de bureau agencées avec des chaises sur les lesquelles les électeurs s’assoient pour cocher les cases qu’il faut sur le bulletin de vote. La discrétion du vote est assurée par de petits cartons cubiques placés sur les tables.  Je prends l’un des stylos déposés sur la table et coche les cases : Obama pour le Président, Kaine pour le Sénateur et Moran pour le député et pour les questions referendaires, je vote pour la plateforme démocrate à l’aide du papier jaune que je continue d’avoir a la main.

Je laisse mon bulletin glisser dans la boite qui sert à cet effet et la dame qui s’en occupe me félicite pour avoir accompli mon devoir civique tout en me remettant un autocollant sur lequel est inscrit « j’ai votée » sur un fond de drapeau Américain et en me montrant le chemin de sortie. Je mets l’autocollant sur mon pullover sur le champ. A mon arrivée sur mon lieu de travail, le garde posté à l’entrée — une routine sécuritaire en Amérique depuis Septembre 2001 — me félicite en voyant l’autocollant, preuve que ce devoir civique est pris au sérieux dans ce pays, malgré le niveau bas de politisation de ses citoyens et le discrédit de l’élite politique aux yeux de beaucoup.

Le soir, je me retrouve avec Sidna, un Mauritano-Américain de mon espèce, qui habite dans le même coin pour suivre les résultats. Des les premières heures, le mood est favorable au Président Obama et au parti Démocrate, en général, pour des raisons essentiellement de changements démographiques. Les nouveaux Américains comme Sidna et moi, de plus en plus nombreux en proportion de la population totale, votent en général pour les Démocrates, perçus comme plus ouverts et plus sensibles à leurs préoccupations.  Vers 23h 30, la plupart des résultats sont connus. Le Président Obama est élu pour un second mandat, le parti Démocrate renforce sa majorité au Senat mais les Républicains gardent le contrôle de la chambre des représentants.  Mitt Romney, le candidat Républicain malheureux, félicite le Président réélu, comme c’est la tradition dans ce pays. Après une campagne électorale ou tous les coups sont permis, la nation doit retrouver son unité, c’est la règle du jeu démocratique.

Le Président Obama sera aux command pendent les quatre prochaines, sauf en cas d’empêchement par maladie, décès, ou décision du parlement pour haute trahison ou entrave a la justice. Les généraux de la plus puissante armée du monde seront sous ses ordres et aucun d’eux ne pensera faire un coup d’Etat — cela n’est jamais arrivée durant les plus de deux siècle de vie de la plus vielle constitution écrite du monde. Il ne pourra cependant gouverner sans le parlement qui le contrôle de prés et peut, en particulier, lui refuser l’argent et les nominations nécessaires au fonctionnement de son administration.

 La constitution des Etats-Unis d’Amérique a institué une séparation nette des pouvoirs exécutif, législatif et judicaire et un système unique de contrôle mutuel, check and balance, qui permet à chacun des trois pouvoirs d’exercer un contrôle sur les autres. C’est ainsi que les projets lois (bills) dont l’initiative et le vote sont du ressort du parlement ne peuvent être promulgués sans l’accord du Président qui doit les signer pour qu’ils deviennent lois exécutoires. Mais le Parlement peut paralyser le Président en lui refusant les crédits de fonctionnement, y compris les traitements et salaires de fonctionnaires, et les nominations aux emplois supérieurs de l’Etat. Les juges quant à a eux sont inamovibles et ne répondent qu’a leur conscience et leur compréhension de la constitution. Ils peuvent ignorer une loi pour inconstitutionnalité and traite l’administration comme le commun des mortels. Les juges sont nommes par le Président mais leur nomination doit être avalisées par le Senat, comme d’ailleurs pour tous les emplois supérieurs de l’administration.

Thursday, November 1, 2012

Notre pays n’a pas de constitution

Qu’on le veuille ou non, la balle, perdue ou non, du 13 Octobre 2012 a mis fin à la constitution de façade mise en place en 1991 par l’ancien Chef de l’Etat Mu’awiya Wul Sid’Ahmed Wul Taya’ et soutenue par une élite politique faute d’un mieux que cette dernière n’a jamais sérieusement cherché à imaginer. La constitution continue, cependant, d’être évoquée par tous les acteurs politiques comme s’il s’agissait d’un document fondateur auquel tous sont attachés sans que personne n’est le courage de dire que le pays n’a tout simplement pas de constitution et qu’il est temps que les « forces vives » aient comme priorité d’un rédiger une suivant les règles communément admises et récemment suivies dans les pays arabes en transition vers la démocratie comme la Tunisie, l’Egypte et la Lybie.

Parce que le papier qui tient lieu de constitution a été rédigé à la seule fin de plaire au prince du moment, il a bien évidemment avalisé la situation de fait depuis l’indépendance que le Chef de l’Etat détient tous les pouvoirs mais a aussi omis le cas d’empêchement provisoire de celui-ci, un crime de lèse-majesté à son Omniprésence, que nos constitutionalistes attitrés ont malicieusement évité. Aussi, Muhammad Wul ‘Abd al-‘Aziz, qu’on le veuille ou non, reste « constitutionnellement » le Président de la République, si république il y a, même s’il est cloitré quelque part dans un endroit inconnu, sans qu’on sache quand and comment il apparaitra  de nouveau pour diriger à sa guise les affaires de « son Etat. » Cette situation ne semble pas déranger outre mesure les divers fondés de pouvoir public, à commencer par « la grande muette » dont la chaine de commandant ne parait pas souffrir de l’absence de son commandant en chef. Les chefs militaires paraissent se suffire des ordres  de leur chef d’état major, le Général Muhammad Wul al-Ghazwani qui devient de facto le commandant en chef des forces armées, un poste qui se confond dans l’entendement général avec celui de Chef de l’Etat. La rumeur ne s’y est pas probablement trompée en suggérant que le Général al-Ghazwani assure de facto l’intérim du Chef de l’Etat, lui-même ancien Général, fondateur de ce conseil des Généraux, appelé Haut Conseil d’Etat, qui s’est substitué « constitutionnellement » au président sans grade militaire « accidentellement élu» dont la vacance a été forcée mini-militari.  

Et ce n’est pas le réveil tardif de Mes’ud Wul Bulkeir qui s’accroche a un mandat périmé de député et de Président de l’Assemblée Nationale qui peut changer quelque chose a ce vide « non-constitutionnel ». Il peut certes se prévaloir de sa « gazra » à la chambre basse pour faire du bruit mais il ne saisira pas le Conseil constitutionnel dont la jurisprudence a pourtant déjà constitutionalisé un coup d’Etat au nom de l’impossibilité de la vacance même momentané du pouvoir. Mes’ud a obtenu sa part du gâteau et il tient désormais à cette stabilité de façade qui lui permet de se la couler douce au moment ou ses anciens amis continuent de subir les affres de l’opposition. D’ailleurs, même s’il s’oubli pour un moment dans ses délires d’ex-opposant et saisit le Conseil constitutionnel, Sghair Wul M’Bareck ne ratera pas l’occasion de rabrouer son ancien concurrent dans la mouvance al-Hur, à moins que l’inconnu détenteur réel du pouvoir ne lui ordonne autrement.

Mais qui est donc le détenteur réel du pouvoir? Les regards se tournent vers le Général al-Ghazwani qui assure de facto l’intérim de son ami et mentor depuis le coup du 6 Aout 2008. Mais l’intérimaire dans l’esprit des Mauritaniens n’hérite pas forcement le pouvoir du titulaire. Au contraire, il n’est la que pour gérer la routine en attendant que l’ordre revient a la normale. Il n’est, des lors, pas certain que le plus gradé de notre armée nationale ait les mains libres pour afficher un pouvoir quelconque. D’autres probablement le surveillent, prêts à contrecarrer son action s’il lui arrive de « faire le malin ». Les soubresauts de Mes’ud et l’alerte au sein de la puissante coterie de ‘Aziz indiquent un émiettement, espérons momentané, du pouvoir du Chef de l’Etat. Des forces occultes s’observent en silence dont l’affrontement, jusque la contenu, risque de s’accentuer à mesure que dure la vacance du pouvoir présidentiel et qu’augmentent les incertitudes autour de retour présumé de son détenteur « constitutionnel ».   

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, cet équilibre informel et instable au sommet de l’Etat, se conjugue avec des mouvements de guerres aux frontières de notre pays qui sont porteurs de risques majeurs d’instabilité régionale et dont la Mauritanie ne peut s’en soustraire. Aussi Prions pour qu’’Aziz se rétablisse rapidement ou qu’un autre l’évince rapidement pour que notre pays retrouve sa normalité, en espérant,  que la balle, perdue ou non, du 13 Octobre 2012 aura servi à éveiller la conscience sur les périls de gouverner sans prévoir.

Avec ‘Aziz ou pas, la classe politique devra méditer la leçon et engager, dans la sérénité, un dialogue sérieux pour un processus de reforme qui commence par la mise en place d’une constitution suivant les règles de l’art, s’inspirant des exemples récents des pays arabes en transition vers la démocratie : la désignation d’un gouvernement de consensus, l’élection d’une assemblée constituante, et la rédaction d’une constitution qui prend en charge les besoins réels de bonne gouvernance, au lieu de n’être qu’un papier qui légalise les abus de l’homme fort du moment et sa coterie.